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Corps dansants et nouvelles technologies : dépasser l’utile et l’agréable

Corps dansants et nouvelles technologies : dépasser l’utile et l’agréable - Critique sortie Danse

Création et nouvelles technologies

Publié le 28 février 2017

Que dire de la relation qu’entretient aujourd’hui la danse avec les nouvelles technologies ? Entre outil pour le travail du corps, pour sa représentation ou pour la composition de la danse, et média ou discipline collaborative aux projets, les approches sont nombreuses. Sont-elles réellement créatrices de nouvelles formes ?

Lorsque l’on pense danse et nouvelles technologies, c’est souvent le nom de Merce Cunningham qui revient, puisqu’il fut le premier à développer l’informatique comme véritable outil pour la composition du mouvement, grâce au logiciel Life Forms. Biped, en 1999, révèle au public l’incroyable potentiel de ce média couplé à un système de capteurs de mouvements qui permet non seulement de noter le mouvement, mais aussi de l’inventer. En France, Myriam Gourfink est en quelque sorte une héritière de ce procédé, en ayant conçu son propre outil et généré des formes de dialogues, notamment en direct, entre le corps en mouvement et l’informatique. Pour autant, il s’agit davantage de projets où la technologie s’invite dans le processus, mais n’est pas l’objet de la danse. Au plateau, elle demeure seule à générer son propre imaginaire, s’incarnant dans la chair et le vivant. Et c’est tant mieux.

Vers d’autres représentations du mouvement ?

Souvent l’enjeu est d’utiliser les nouvelles technologies au même titre que la lumière, la scénographie ou le son, participant ainsi à la forme même de l’œuvre chorégraphique. Adrien Mondot et Claire Bardainne ont beaucoup travaillé à la conception d’une technologie interactive où des projections dialoguent avec la scène. Hakanaï, véritable petit bijou liant intimement le mouvement de la danseuse avec celui des images dans l’espace, ont fait de leur travail un artisanat du digital au service du geste. A l’inverse, comme on le voit parfois, le risque de l’utilisation des nouvelles technologies est celui de la mise en place d’un simple procédé décoratif ou d’un environnement visuel qui prend le dessus par rapport à la danse. L’irruption de la robotique sur les plateaux a de quoi intriguer et bousculer le rapport au corps. En 2013, Blanca Li invitait les petits robots Nao d’Aldebaran Robotics à partager la scène avec ses danseurs. Un traitement humoristique sur la mécanisation du geste, dépassé trois ans plus tard par Eric Minh Cuong Castaing qui recherche, dans School of moon, d’autres représentations du mouvement humain. La danse, un art en perpétuelle évolution !

 

Nathalie Yokel

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