La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -183-picardie

Rose Lowry

Rose Lowry - Critique sortie Classique / Opéra

Publié le 10 décembre 2010

La défense d’une exception

« L’Orchestre de Picardie est un orchestre nomade, qui se retrouve chaque week-end sur les routes de la région. »

L’administratrice générale de l’Orchestre de Picardie explicite les particularités de cette formation.
 
Quel est l’historique de l’Orchestre de Picardie ?
 
Rose Lowry : A l’origine, il y a le « Pupitre 14 », un ensemble de solistes fondé en 1972 sous l’impulsion de Marcel Landowski. Mais en 1985 naît un nouveau projet, à géométrie variable, intitulé la Sinfonietta de Picardie. C’est sur ces bases que va se développer le futur Orchestre de Picardie. Avant Arie von Beek, différents chefs se sont succédé au pupitre, notamment Louis Langrée et Edmon Colomer. Chacun a permis à cet orchestre de se construire et de forger son identité.
 
Qu’est ce qui distingue l’Orchestre de Picardie des autres orchestres français ?
 
R.L. : C’est la seule véritable « formation Mozart » en France, avec un effectif de trente-sept musiciens. Les autres formations de ce type, comme l’Orchestre de Bretagne, se sont développées ces dernières années pour dépasser les quarante musiciens. D’un point de vue musical, un tel effectif nous permet de créer une identité chambriste. Mais aussi, l’avantage d’une formation « Mozart », c’est sa souplesse, sa malléabilité. Nous sommes en adéquation avec nos lieux de diffusion, qui sont parfois de petite taille, comme certaines églises. Car l’Orchestre de Picardie est un orchestre nomade, qui se retrouve chaque week-end sur les routes de la région. J’admire cet engagement des musiciens. L’Orchestre donne ainsi plus de cent concerts par an.
 
Comment l’Orchestre de Picardie se porte-il d’un point de vue financier ?
 
R.L. : Le budget de l’Orchestre est d’environ 4 600 000 euros. Notre particularité est d’être financés majoritairement par le Conseil régional, à hauteur de 60 %. Viennent ensuite les aides de l’Etat et d’Amiens Métropole. Depuis trois ans, nos subventions sont stables. Il faut rappeler que la Picardie n’est pas une région riche et qu’elle a beaucoup souffert depuis quelques années du fait de nombreuses délocalisations. En ce qui concerne le mécénat, la chose n’est pas aisée pour nous, car dans la région se trouvent les unités de fabrication mais rarement les sièges sociaux…
 
Comment voyez-vous l’avenir de l’Orchestre de Picardie ?
 
R.L. : Je ne pense pas que le modèle d’orchestre symphonique que l’on connaît depuis plus de 50 ans soit celui qui sorte de cette crise. Il faut se positionner différemment et envisager des projets consolidateurs, comme c’est le cas avec notre réseau d’orchestres. Nous devons plus que jamais développer de nouvelles pistes de coopération.
 
Propos recueillis par A. Pecqueur

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