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Les temps forts de la saison : Changement dans la continuité

Les temps forts de la saison : Changement dans la continuité - Critique sortie Classique / Opéra
© C. Hélie / Gallimard

Publié le 10 décembre 2010

Cet hiver est marqué par le passage de relais à la tête de l’Orchestre de Picardie. Pascal Verrot, qui reviendra dès avril saluer ses ex-musiciens, laisse la place le 1er janvier 2011 à Arie van Beek, avec qui le public de l’orchestre aura déjà eu l’occasion de faire connaissance.

Déjà invité par le passé en Picardie, Arie van Beek connaît bien la vie musicale hexagonale pour avoir été pendant seize ans le directeur musical de l’Orchestre d’Auvergne – il en est désormais le « chef invité permanent ». Après avoir célébré en novembre les vingt-cinq ans de son nouvel orchestre, le chef néerlandais dirigera trois très beaux programmes : en mars, il poursuit le travail mené par son prédécesseur autour des symphonies de Beethoven en dirigeant la Huitième Symphonie, véritable traité d’équilibre orchestral et d’alchimie rythmique, ainsi que le Concerto en sol de Ravel – avec en soliste, le pianiste Cédric Tiberghien. L’attirance d’Arie van Beek pour la musique française n’est en effet plus à démontrer et il dirigera Berlioz – la rare cantate Herminie – en regard du Songe d’une nuit d’été de Mendelssohn en juin. Également en juin, il proposera un programme viennois couronné par la Cinquième Symphonie de Schubert, un compositeur qu’il a souvent mis en avant dans ses programmes à Clermont-Ferrand.
 
Parcours beethovénien
 
Du côté des chefs invités, un parcours beethovénien sera successivement entrepris par Kees Bakels (en février) dans la musique de scène d’Egmont, rarement jouée dans son intégralité, puis en mars par Laurent Petitgirard. Le chef de l’Orchestre Colonne dirigera la Quatrième Symphonie mais aussi, comme à son habitude, des œuvres du xxe siècle : son propre Poème pour orchestre à cordes ainsi que le Concerto pour trompette de Jolivet, confronté à un autre classique de l’instrument, le concerto de Haydn. Emmanuel Leducq-Barôme interprétera quant à lui, en mai, la Septième Symphonie du maître de Bonn. D’autres chefs défendront leurs compositeurs fétiches. Ainsi Philip Pickett, spécialiste de l’interprétation des répertoires baroques et classiques sur instruments d’époque, ajoute-t-il le Concerto de Noël de Corelli à son programme de valses viennoises en décembre – traditions de fin d’année obligent ! En avril, Peter Csaba fait découvrir le romantisme de Max Bruch à travers le Double Concerto pour clarinette et alto et la Romance pour alto et orchestre (en soliste des deux œuvres : Marie-Claire Méreaux-Rannou, l’altiste solo de l’orchestre) puis Hervé Niquet fait entendre sa passion pour Bach et Méhul (mais aussi pour Tchaïkovski et Edison Denisov !) dans un programme d’un bel éclectisme. Quant à Jean-Luc Tingaud, comme toujours impeccable défenseur du répertoire français, il accompagnera les solistes de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Paris le 10 avril à Compiègne dans un programme exceptionnel, consacré à Ravel (Don Quichotte à Dulcinée et l’opéra L’Heure espagnole) mais aussi à Ibert et Poulenc (avec La Dame de Monte-Carlo). On note également la présence, dans les programmes, de compositeurs contemporains : Éric Tanguy et Peteris Vasks succèdent à Nicolas Bacri, interprété en novembre dernier par Arie van Beek.
 
L’orchestre et la scène
 
Enfin, l’orchestre ne perd pas de vue sa tradition de partenaire des arts scéniques. Il accompagne ainsi, sous la direction d’Andrea Quinn, le Malandain Ballet en décembre à Compiègne. Le chorégraphe Thierry Malandain y reprend deux de ses créations : L’Amour sorcier sur la musique de Manuel de Falla et une Carmen de haute volée qui s’appuie non pas sur l’opéra de Bizet mais sur l’orchestration par Mahler du quatuor « La Jeune Fille et la Mort » de Schubert. L’orchestre sera en janvier dans la fosse de l’opéra de Lille pour L’Élixir d’amour de Donizetti mis en scène par Richard Brunel et dirigé par Antonello Allemandi, puis à l’Opéra royal de Versailles (les 29 et 30 avril) pour la reprise du Médecin malgré lui de Gounod dans la mise en scène de Sandrine Anglade ; il y retrouvera Pascal Verrot.
 
Jean-Guillaume Lebrun

A propos de l'événement


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