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Jérémie Rhorer

Jérémie Rhorer - Critique sortie Classique / Opéra

Publié le 10 septembre 2011

Jean-Chrétien Bach, enfant rebelle

En remontant l’Amadis de Gaule de Jean-Chrétien Bach, Jérémie Rhorer s’intéresse aux spécificités de la période pré-classique.

« Je voulais absolument m’expliquer les correspondances frappantes existant entre cette œuvre et l’Idoménée de Mozart. » Jérémie Rhorer
 
 
Qu’est-ce qui vous a intéressé au départ dans cet Amadis ?
Jérémie Rhorer : J’ai été attiré par Amadis car je voulais absolument m’expliquer les correspondances frappantes existant entre cette œuvre et l’Idoménée de Mozart. On sait, notamment grâce à ses lettres, que Mozart a été très influencé par Jean-Chrétien Bach, et j’ai été stupéfait de remarquer les fortes ressemblances entre ces deux opéras. Un exemple parmi beaucoup d’autres : l’écriture rythmique qui caractérise les personnages maléfiques des deux œuvres emploie les même procédés. De plus, en enregistrant avec Philippe Jaroussky le disque consacré aux arias de Jean-Chrétien Bach, j’ai remarqué qu’Amadis était la partition la plus forte de ce compositeur.
 
Y a-t-il des raisons connues à ce que cet opéra soit si vite tombé dans l’oubli après sa création ?
J. R. : Je pense qu’il a souffert de la querelle entre Gluck et Piccinni qui sévissait alors, car il ne se rattache à aucune des deux écoles de compositeurs.
 
Musicalement, quelles sont les principales différences entre cette œuvre et les versions baroques d’Amadis ?
J. R. : Il y a beaucoup de différences entre le monde baroque et le monde classique. À mon avis, cette œuvre représente bien le chaînon manquant qui unit ces deux mondes. Jean-Chrétien Bach est fortement imprégné du gigantesque héritage de son père, issu du monde baroque. Mais c’est un enfant rebelle : toute sa vie, sans jamais y arriver totalement, le dernier fils de Jean-Sébastien cherche à se détacher de cette influence pour participer au renouveau de la création musicale de son temps, renouveau qui aboutira au style classique. Par ailleurs, en comparant cet Amadis avec la version de Haendel, j’ai noté que Jean-Chrétien Bach partageait avec lui le goût des couleurs orchestrales. Ils ont des procédés communs dans l’utilisation des timbres.
 
Y a-t-il eu beaucoup de travail à refaire sur la partition ?
J. R. : Jean-Chrétien Bach lui-même avait énormément révisé sa partition pour aller vers quelque chose de plus en plus précis. Le principal enjeu de notre interprétation a consisté à tenter de s’approcher au plus près de ses volontés.
Propos recueillis par Sébastien Llinares


Amadis de Gaule, de Jean-Chrétien Bach, 
voir interview de Marcel Bozonet ci-contre..

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