La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -242-Festival de Saint~Denis 2016

Hymne à la Joie

Hymne à la Joie - Critique sortie Classique / Opéra  Basilique de Saint-Denis
Michele Mariotti est le directeur musical du Teatro musicale de Bologne. © DR

CLÔTURE
GROS PLAN

Publié le 29 mars 2016 - N° 242

Scène mythique dans Orange mécanique, ballet de Maurice Béjart, publicité pour voitures, hymne européen, flashmobs… Peu de pages orchestrales ont été aussi utilisées que l’Hymne à la joie de Beethoven. Immédiatement reconnaissable par tous les publics, symbole de paix et de fraternité, son allégresse est éclatante. Michele Mariotti dirigera la Neuvième de Beethoven à la tête de l’Orchestre national de France pour le final du festival.

Trente ans, c’est le temps qu’il fallut à Beethoven pour mûrir son projet de mettre en musique le poème L’Ode à la joie de Schiller et d’intégrer la voix dans une symphonie. S’il envisage de conclure sa 6e Symphonie (la « Pastorale ») avec un chœur, c’est finalement sa Neuvième (et dernière) symphonie qui introduit ce procédé dans le quatrième et dernier mouvement en ré majeur : « L’Hymne à la joie ». Créée le 7 mai 1824 à Vienne, son succès fut considérable, ce dont n’eut pas tout de suite conscience le compositeur, en raison de sa surdité. L’anecdote veut que la contralto Caroline Unger lui enjoignit de se retourner pour voir l’ovation du public. D’une durée inusitée, de proportions colossales, tenant à la fois de la symphonie, de la cantate voire de l’opéra, le chef-d’œuvre de Beethoven bouleverse l’art de la symphonie au point de devenir indépassable. Ainsi, Wagner la considérait comme « la dernière », ce qui n’empêchera pas Pierre Henry de composer une Dixième symphonie de Beethoven en 1979, à partir de cellules tirées des neuf précédentes… Manière aussi, sans doute, de briser la « malédiction de la 9e symphonie », cette crainte de mourir après le chiffre fatidique de 9, comme Beethoven, comme aussi Mahler, Schubert, Dvorak ou Bruckner.

Idéal de fraternité

En deux siècles, l’œuvre a été récupérée bien des fois, que ce soit par le régime nazi ou les kamikazes japonais qui l’écoutaient avant de passer à l’acte… On est loin de l’idéal de fraternité et du progressisme des Lumières si chers à Beethoven. Un message de liberté, de paix et de solidarité qui a fait de la partition l’hymne officiel de l’Union européenne à partir de 1985. A Saint-Denis, il revient au Chœur de Radio-France et à l’Orchestre national de France d’entonner cet hymne éclatant, pour un concert final en apothéose. Avec les solistes italiens Maria Katzarava, Marianna Pizzolato, Paolo Fanale, Riccardo Zanellato, et sous la direction de  Michele Mariotti, l’hymne européen prend tout son sens !

 

Isabelle Stibbe

A propos de l'événement

Hymne à la Joie
du Jeudi 23 juin 2016 au Vendredi 24 juin 2016
Basilique de Saint-Denis
Saint-Denis, France

à 20h30.


Festival de Saint-Denis. Du 26 mai au 24 juin 2016


Tél. 01 48 13 06 07.


http://www.festival-saint-denis.com/


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