La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -166-biennale

Georges Momboye

Georges Momboye - Critique sortie Danse

Publié le 10 mars 2009

Entre Ciel et Terre : repousser limites et barrières

Sur le fil entre Afrique et Occident, entre mémoire et créativité, – un privilège qui oblige à des questionnements passionnants sur la danse -, Georges Momboye a déjà chorégraphié pour la Biennale en 2005 un remarquable solo sur le Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy et une pièce envoûtante sur le Sacre de Stravinski. Il répond aujourd’hui à une commande de la Biennale sur les 4e et 6e quatuors de Bartok interprétés par le quatuor Léonor.

«  J’aime cette fragilité au niveau de la gestuelle, de l’énergie, qui me donne beaucoup d’émotions. »
 
Comment avez-vous abordé la musique de Bartok ?
Cette musique sans frontières au niveau de la rythmique, des variations et des couleurs m’emporte très loin. Elle a une âme. La pièce se compose de deux quatuors, d’abord un quatuor de filles puis un quatuor de garçons, et entre les deux je danse un solo d’une dizaine de minutes accompagné d’une grande chanteuse africaine griotte d’origine guinéenne, Aïssata Kouyaté.
 
Quels sont les thèmes explorés par chaque quatuor ?
 
Pour les filles le travail se fonde sur un ring en forme de V, qui rappelle les frontières visibles ou invisibles ancrées dans la tête des gens, frontières qui influent beaucoup sur leurs attitudes et leurs manières de penser et réagir. Ces frontières sont culturelles, entre l’Afrique et l’Occident. Elles ont cours aussi en Afrique par rapport aux pays, aux ethnies et aux langues. Et elles sont corporelles, c’est pourquoi les danseuses sont ici de différentes tailles et corpulences. Les filles se jettent sur les cordes pour repousser les limites, elles rebondissent ensuite au centre de la scène au fil d’un jeu avec l’espace, l’élasticité et le poids du corps. Puis après les filles aux prises avec un espace rétréci, les garçons ouvrent au contraire le champ avec une énergie sans limites. L’espace explose !
 
Cette danse ne craint pas d’exposer la fragilité des âmes…
Une danse en ligne droite ne m’intéresse guère, j’aime une danse qui se brise, “se casse la gueule“ par moments. J’aime cette fragilité au niveau de la gestuelle, de l’énergie, qui me donne beaucoup d’émotions. Et face aux barrières qui tiraillent la société, je me bats chaque jour.

Propos recueillis par Agnès Santi


Entre Ciel et Terre de Georges Momboye, du 4 au 7 mars à 20h30 à Fontenay-sous-Bois.

A propos de l'événement


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