La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -156-beethoven

Beethoven et les compositeurs français

Transmettre un héritage

Cette interprète rare sait susciter la curiosité, l'envie de découvrir son univers intime. En janvier, elle sera sur la scène d'Ivry pour un concert empruntant au cinéma musical, partageant quelques souvenirs mélodiques, toujours avec cette douceur magistrale de timbre, et la fantaisie de Néry à la mise en scène.

Publié le 10 mars 2008

Du 15 mars au 20 avril au musée d’Orsay, œuvres de Beethoven et musiques françaises se croisent. C’est ce qu’elles firent souvent, sans toujours bien se comprendre.

Beethoven ne se cachait pas de l’influence qu’avait exercée sur lui la musique française du temps de la Révolution : les hymnes révolutionnaires de Gossec, plus encore peut-être que ses symphonies, et surtout les œuvres de Cherubini recueillirent son admiration. Les musiciens français, à l’inverse, goûtaient peu, de son vivant, le génie de Beethoven. Plus préoccupé d’art lyrique que de musique instrumentale, le Paris musical restait sourd, si l’on peut dire, à l’art beethovénien.
La création de l’Orchestre de la Société des Concerts du Conservatoire par François-Antoine Habeneck en 1828 change quelque peu la donne : le chef souhaite en faire l’instrument privilégié de la diffusion de l’œuvre de Beethoven ; significativement, son premier concert s’ouvre avec la Symphonie « héroïque ». On sait combien ces interprétations marqueront le jeune Berlioz, qui, six ans après l’ultime symphonie du maître, lui donnait un prolongement étourdissant : comme chacune des symphonies de Beethoven, la Symphonie fantastique repousse un peu plus encore les frontières expressives du genre.
Après Berlioz, la musique instrumentale se fait de nouveau plus discrète. Debussy, qui eut sur l’œuvre beethovénienne des opinions plus que mélangées, refusait le culte des classiques. Il usait d’une ironie grinçante envers ceux qui, tel Saint-Saëns, prosternaient leur musique devant le buste du maître de Bonn.
 
Debussy : « Regarder par les fenêtres ouvertes sur le ciel libre »
 
Pour Debussy, en effet, « la vraie leçon de Beethoven n’était pas de conserver l’ancienne forme, pas davantage l’obligation de remettre les pieds dans l’empreinte de ses premiers pas. Il fallait regarder par les fenêtres ouvertes sur le ciel libre ». Ainsi La Mer serait-elle, bien mieux que de pâles symphonies « copies d’ancien », une continuité possible de l’œuvre beethovénienne ; et de même, l’œuvre chambriste de Fauré, enfermé comme Beethoven à la fin de sa vie dans la surdité, traduit-elle l’écoute intérieure de l’artiste romantique. Il reste que, s’il y a en France une tradition symphonique (avec Roussel notamment), elle se construit très en marge de l’héritage beethovénien. S’il faut remonter plus près de nous, Pierre Henry avec sa Dixième Symphonie de Beethoven en 1979, et surtout André Boucourechliev, compositeur aux formes libres et fin théoricien de l’œuvre beethovénienne, l’ont célébré non comme un classique mais comme un universel.
 
Jean-Guillaume Lebrun


Le 15 mars à 11h (quatuors de Jadin), le 22 mars à 11h (quatuors de Lalo et Gounod) et 14h (sonates pour violon et piano de Debussy et Fauré), le 29 mars à 11h (quatuors de D’Indy et Dutilleux), le 5 avril à 11h (quatuors du Chevalier de Saint-Georges et de Debussy) et 14h (quatuors de Saint-Saëns et Chausson), le 12 avril à 11h (quatuors de Lekeu et Franck) et 14h (quatuor de Florent Schmitt), le 19 avril à 11h (quatuors de Fauré et de Ravel) et 14h (sonate pour violon et piano de Saint-Saëns et Franck) et le 20 avril à 14h (sonates pour violon et piano de Lalo et Lekeu) au musée d’Orsay. Entrée libre.

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