La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Danse - Gros Plan

FAR

FAR - Critique sortie Danse
© Ravi Deepres Légende : Le corps entre investigation et distorsion.

Publié le 10 mars 2011 - N° 187

La nouvelle création de Wayne McGregor s’inspire du siècle des Lumières et de la place que prend le corps à cette époque.

A quarante ans, Wayne McGregor est une figure de la danse britannique. Lauréat de nombreux prix, il a été fait, début 2011, Commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique, pour services rendus à la danse. Une distinction qui couronne une carrière fulgurante : dès le début des années 1990, le public a repéré en lui un orfèvre du mouvement, sculptant une danse à haute énergie, à la fois virtuose et extrêmement théâtrale. Fondée en 1992, sa compagnie, Wayne McGregor | Random Dance, est internationalement reconnue pour les métissages qu’elle invente entre la danse, la musique électronique et les arts numériques : images animées, films numériques, architecture en trois dimensions, jusqu’aux danseurs virtuels intégrés sur scène.
 
Poser la question du corps au XVIIIe siècle
Interrogé, troublé, obscurci, réinventé, le corps est toujours au cœur de ses travaux. Dans Nemesis (2001), les danseurs arboraient des extensions métalliques, ajoutant à leurs bras un prolongement troublant. Entity, création récente, est intimement liée au projet de recherche que mène le chorégraphe avec le département de neurologie de l’université de Cambridge, pour explorer les processus cognitifs à l’œuvre dans la danse (tels que la mémorisation, le traitement et la communication des informations, la réaction face aux difficultés, etc.). Avec FAR, c’est à d’autres références que le chorégraphe se confronte. Il s’inspire en effet du XVIIIe siècle, et tout particulièrement de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert. De telles sources peuvent sembler bien éloignées des capteurs, images numériques et autres technologies qui sont devenues la marque de fabrique de Random Dance. Et pourtant ! A suivre la réflexion du chorégraphe, on réalise combien l’époque des Lumières a posé des bases qui fondent, aujourd’hui encore, nos représentations du corps : un corps interrogé, disséqué, anatomisé, classé, et qui fait l’objet – pour la première fois sans doute – d’expériences scientifiques. Enveloppés par la composition sonore de Ben Frost, les dix danseurs de FAR se livrent à un fascinant voyage dans la curiosité et les questionnements d’un XVIIIe siècle à la fois savant et sensuel.
 
Marie Chavanieux


FAR, de Wayne McGregor, les 14 et 15 mars à 21H à la Maison des Arts de Créteil, Place Salvador Allende, 94000 Créteil, dans le cadre d’EXIT et de la Biennale de danse du Val-de-Marne. Réservations : 01 45 13 19 19. www.maccreteil.com

A propos de l'événement



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