Sandrine Anglade porte à la scène « Le Conte d’hiver » de Shakespeare en mêlant théâtre et musique dans un esprit festif
Le Conte d’hiver mis en scène par Sandrine [...]
C’est l’une des propositions les plus marquantes du Off. Au Théâtre des Halles, Stanislas Nordey interprète Évangile de la nature, d’après De rerum natura de l’auteur latin Lucrèce. Sous la direction du metteur en scène Christophe Perton, le comédien enjambe les millénaires pour porter jusqu’à nous la matière précieuse de ce poème aux lueurs intemporelles.
On dit parfois des grands acteurs qu’ils pourraient captiver un auditoire en disant le plus pauvre des textes. Ce serait mal connaître Stanislas Nordey que de penser qu’il puisse aller vers une quelconque facilité. Au Théâtre des Halles, dans une mise en scène de Christophe Perton alliant profondeur concrète et élégance formelle, ce passionné de littérature, depuis peu éditeur (il a pris la direction des Éditions Espaces 34 en juillet 2025), se tourne bien sûr vers la plus haute exigence. Il impressionne en offrant en partage aux publics du Off l’un des chefs-d’œuvre de l’Antiquité classique : De rerum natura, somptueux poème de 7400 vers, composé au premier siècle avant notre ère, au sein duquel l’auteur latin Lucrèce se fait le passeur de la pensée du philosophe grec Épicure. Réflexions sur la vie et la mort, sur le corps et l’âme, sur l’origine de toutes choses, sur les lois qui régissent l’infiniment grand comme l’infiniment petit, sur les relations de l’être humain à la nature… On a parfois du mal à croire — tant les fulgurances qui traversent ce texte semblent répondre directement aux crises et aux défis de notre présent — que De rerum natura a été écrit il y a plus de 2000 ans.
De Stanislas Nordey à Lucrèce, de Lucrèce à Épicure
La représentation théâtrale à laquelle nous convie Stanislas Nordey est d’une densité folle. Durant une heure et vingt minutes, devant (et parfois derrière) trois écrans sur lesquels sont projetés des panoramas allant du réalisme à l’abstraction, le comédien malaxe, sculpte, façonne, fait sienne la puissance poétique et philosophique dont il s’empare. D’Épicure à Lucrèce, de Lucrèce à Stanislas Nordey, de Stanislas Nordey aux publics d’aujourd’hui, le chemin de transmission dans lequel s’inscrit Évangile de la nature fait son œuvre. On est saisi par l’ampleur des raisonnements qui nous parviennent, autant que par l’éclatante simplicité qui se dégage des vers ici donnés à entendre dans une nouvelle traduction de Marie NDiaye et Christophe Perton (avec la collaboration d’Alain Gluckstein). Sans excès de gravité, Stanislas Nordey accomplit un geste à la netteté tranchante, mais toujours généreuse. Faisant pleinement corps avec le texte de Lucrèce, il le ramène à la vie pour nous, avec nous, ici et maintenant. Nourri de phrases, d’émotions et d’images, on quitte le théâtre avec la sensation troublante d’avoir regardé les yeux dans les yeux l’un de nos plus illustres ancêtres.
Manuel Piolat Soleymat
à 16h40 Relâche les mercredis. Tél. : 04 32 76 24 51. Durée : 1h20.
Également du 16 mars au 3 avril 2027 au Théâtre de la Concorde.
Le Conte d’hiver mis en scène par Sandrine [...]
Récit autobiographique d’une enfance cassée [...]
Julien Joubert fait le tour de l’histoire de [...]