L’énergie débridée déployée par « Red Carpet » d’Hofesh Shechter nous laisse sur notre faim
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Aurélien Bory s’associe à la danseuse, chanteuse et chorégraphe Aure Watcher et au guitariste Thibaut Garcia pour créer Sept larmes pour Elisabeth. Rencontre avec un metteur en scène et scénographe dont le talent se nourrit de collaborations fructueuses.
« Ce projet est né de ma rencontre avec Thibaut Garcia, dont je suivais et aimais beaucoup le parcours musical et qui connaissait mon travail. Il m’a proposé que nous collaborions avec Aure Watcher, et de le faire à partir du répertoire de John Dowland, et plus exactement de Seven Tears. Cela nous a amenés à nous interroger sur le pouvoir de la musique sur les corps et les âmes. L’époque élisabéthaine de John Dowland est très intéressante. Elle est au niveau des arts extrêmement prolifique – c’est à ce moment-là qu’arrive Shakespeare – et marquée par la mélancolie. Les gens vivent la révolution copernicienne avec un certain désarroi : l’Homme est séparé de Dieu, comme abandonné. C’est à cette période que Robert Burton propose son Anatomie de la mélancolie : « Si j’écris sur la mélancolie c’est pour me soigner de la mélancolie ». Il en va de même pour John Dowland, qui pensait que la musique guérissait.
Quel plaisir prenons-nous à écouter une musique triste ? La question est là. Cela répond à un besoin, à quelque chose de caché dans les plis de notre sensibilité, de notre âme. C’est dans ces plis que va se glisser Sept Larmes pour Elisabeth, ce sont ces plis que nous allons déployer sur le plateau. Il y a aussi l’idée de ressassement, l’idée d’y revenir. Ce motif des larmes, John Dowland le décline sept fois, ce qui est surprenant. Pourquoi réécouter une musique, pourquoi ce plaisir nouveau qui se transforme à chaque fois ? Enfin les Seven Tears sont des pavanes. Or une pavane est une musique mais aussi une danse, une marche à deux, une présentation des danseurs avant la danse. Cette idée de ce qui précède, de ce qui provoque, est aussi très inspirante. »
Propos recueillis par Delphine Baffour
à 20h.
Tél. 04 67 60 83 60.
Dans le cadre du festival Montpellier Danse avec le Nouveau Festival Radio France Occitanie.
Également les 19 et 20 novembre à la Philharmonie, Paris, les 24 et 25 novembre à la Scène nationale d’Orléans.
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