« Ondes de choc », création sonore du duo François Couder et Olivia Zerphy
Pour raconter une ascension alpine [...]
Quand Leonardo Di Caprio rencontre Roland Barthes sur scène ; avec Une Rose plus Rouge, Christine Muller mélange théorie sociologique et pop culture dans une pièce cérébralo-comique brillamment interprétée.
« Est atopos l’autre que j’aime et qui me fascine » théorise Roland Barthes dans Fragments d’un discours amoureux. Sommes-nous encore capables de tomber amoureux, dans un monde où les applications de rencontre sont la norme et où tout le monde est interchangeable ? C’est la question à laquelle Une Rose plus Rouge, adaptation de la bande dessinée La Rose la plus rouge s’épanouit de Liv Strömquist, tente de répondre. Deux actrices et une musicienne – Pénélope Martin, Clara Koskas et Mélanie Gerber – nous plongent durant une heure dans une thèse en cinq points sur les mystères des relations amoureuses et des enjeux féminins qui y gravitent. Sur le plateau, un décor minimaliste, sans couleur ; toute la vie réside dans les comédiennes. Un store en tissu défile tel le scroll du téléphone, révélant des textos brodés sur le textile, issus d’un travail documentaire et de témoignages recueillis par Christine Muller sur le ghosting, pratique qui vise à ne plus répondre aux messages et à disparaître de la vie de son amant.
Une réflexion sur notre société de consommation affective
La mise en scène rythmée est grandement aidée par une interprétation de haute qualité – Clara Koskas est particulièrement remarquable par son jeu corporel. Mélanie Gerber chante, Pénélope Martin nous parle des recherches scientifiques menées sur l’amour et les relations. Clara Koskas sert de cobaye, met en pratique ce qui est expliqué : notre société contemporaine priorise le choix rationnel à l’intuition, à l’affectif. Les jeunes conquêtes mannequins de Leonardo Di Caprio sont-elles de belles histoires d’amour ou le fruit d’une crise d’ego à combler de la part de l’acteur ? À travers le chant, la musique, la chorégraphie, Christine Muller soutient que l’amour d’aujourd’hui se consomme plus qu’il ne se vit. L’indépendance est valorisée, à l’image de Lara Croft, l’idole de notre cobaye. L’amour devient alors un espace de pouvoir, mais également de solitude. Christine Muller propose une relecture de la société normative et consumériste, où le marché de l’amour en crise demande une déconstruction de nos rapports de pouvoir.
Siloé Lemaître
à 11h05, relâche les jeudis. Tel : 04 90 85 12 71. Durée : 1h05.
Pour raconter une ascension alpine [...]
Dans un seul-en-scène poignant, Viktor [...]
Edouard Dossetto met en scène Hernani pour [...]