La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Classique / Opéra - Entretien

Case Scaglione et l’Orchestre National d’Île-de-France

Case Scaglione et l’Orchestre National d’Île-de-France - Critique sortie Classique / Opéra Paris Philharmonie de Paris
Case Scaglione ouvre sa saison avec un programme intitulé "Wagnermania" © Christophe Urbain

PARIS / ILE DE FRANCE + TOURNEE IDF / SYMPHONIQUE

Publié le 1 octobre 2019 - N° 280

Orchestre-résident à la Philharmonie de Paris, la formation francilienne est plus largement omniprésente dans toute la région Île-de-France où elle donne une centaine de concerts chaque année et déploie un ambitieux dispositif d’actions culturelles. Cette saison est marquée par le départ d’Enrique Mazzola et l’arrivée en qualité de directeur musical et chef principal de Case Scaglione, un texan amoureux de l’Europe qui se définit volontiers comme un citoyen du monde.

La nomination de ce chef américain de 36 ans aux commandes de l’Orchestre National d’Île-de-France confirme son ancrage européen, après ses années new-yorkaises comme chef associé au New York Philharmonic, et suite à sa récente sa prise de fonction en Allemagne comme chef principal de l’Orchestre de chambre de Heilbronn. Pour son premier programme, Case Scaglione choisit des pages orchestrales et des airs et duos de Wagner où se révèlent les personnages mythiques de Tristan, Isolde, Parsifal, Siegfried ou Brünnhilde, avec les voix de la mezzo Michelle DeYoung et du ténor Simon O’Neill en solistes : le 15 octobre à l’Opéra de Massy, le 17 à Provins, le 20 à l’Opéra Royal du Château de Versailles et le 22 à la Philharmonie de Paris.

 

UN EXTRAIT DU DOSSIER COMPLET CONSACRE A L’ONDIF A DECOUVRIR EN RUBRIQUE « FOCUS »

Quelle image musicale avez-vous de l’Orchestre National d’Île-de-France avant d’entamer cette première saison à sa tête et après l’avoir dirigé à quatre ou cinq reprises  ? 

Case Scaglione : Ce qui me passionne et m’impressionne le plus, c’est de savoir à quel point nous nous sommes sentis proches dès le départ. Et cela malgré le fait que je n’étais même pas en mesure, lors des premières répétitions, d’annoncer en français les numéros des mesures à l’orchestre ! Heureusement mon niveau dans ce domaine s’améliore de jour en jour et la barrière de la langue commence à disparaître… Mais ce qui nous a fait tomber amoureux est toujours là : un désir sincère de grandir, d’apprendre et de jouer ensemble. En s’appuyant sur ces bases, il n’y a rien que nous ne puissions, comme famille musicale, atteindre ensemble.

« Avec un désir sincère de grandir, d’apprendre et de jouer ensemble, il n’y a rien que nous ne puissions, comme famille musicale, atteindre ensemble. »

Quelle est votre vision de l’avenir de votre orchestre ?

Case Scaglione : Le plus grand défi que nous ayons à relever est de répondre aux attentes que nous avons suscitées… Mais cet orchestre a pour cela une capacité remarquable à prendre en compte les informations et à les améliorer de façon exponentielle. Cela signifie que nous recommençons à chaque fois à faire de la musique ensemble à un niveau supérieur par rapport à la fois précédente. Avec pour conséquence que la pente restant à gravir est à chaque fois beaucoup plus raide ! Je souhaite sincèrement que cet orchestre soit reconnu comme l’ensemble de classe mondiale qu’il est. Et que nous restions concentrés sur la poursuite de notre objectif le plus sacré : apporter la musique aux gens dans chaque coin de notre région, quelles que soient leurs positions géographiques et sociales.

Que souhaitez-vous apporter à l’orchestre ?

Case Scaglione : Les chefs d’orchestre ne produisent pas de son et doivent se fier entièrement aux orchestres. Notre seule richesse en tant que chef est la bonne volonté de nos collègues. Quand celle-ci disparaît, le chef se retrouve totalement impuissant. Ce n’est donc pas une conversation à sens unique mais au contraire un dialogue constant. L’Orchestre National d’Île-de-France a une riche tradition et j’ai aussi mes idées. Notre succès va dépendre de nous, de notre capacité à donner et à prendre mutuellement, à apprendre l’un de l’autre pour créer quelque chose de beau et d’original. Et je peux déjà vous dire avec plaisir que je sais que nous sommes dans cette voie. Quel que soit le temps que nous passons au poste de directeur musical, nous ne sommes que des invités, ayant l’honneur à un moment donné d’entretenir un jardin très précieux, avant de le laisser à la personne qui nous succédera…

Vous êtes américain et votre nom sonne italien… Vous sentez-vous « un Américain à Paris » ? 

Case Scaglione : Je suis un Texan dont les racines familiales sont italiennes. Mes parrains sont mexicains et j’ai grandi entre les langues espagnoles et anglaises. Ensuite je me suis intégré dans la culture allemande et j’ai appris la langue au cours de mes 4 dernières années de vie passées là-bas. Et ma femme, Toni, que je connais depuis 21 ans, est britannique ! Cela signifie qu’au Texas, à New York, au Mexique, en Angleterre, en Allemagne, et maintenant en France, je peux dire que je me sens chez moi. Mon objectif a toujours été d’être citoyen du monde et d’être capable de marcher dans les rues d’une ville, en en parlant la langue et en en comprenant la culture. Je me sens déjà parisien mais je m’attends à ce que le processus d’intégration ici soit beaucoup plus rapide parce que Paris est une capitale multi-culturelle. Etre artiste étranger à Paris semble relever plus de la règle que de l’exception. Paris sait accueillir des gens de tous horizons.

Quelle est votre occupation favorite quand vous ne faites pas de musique ?

Case Scaglione : Si on laisse de côté mon éthique professionnelle absolument exceptionnelle (rires), je suis en fait une personne plutôt paresseuse ! Quand je travaille, personne ne travaille plus que moi mais en dehors de ces moments, j’adore passer la journée avec ma femme Toni et explorer les villes à pied, surtout Paris… Par ailleurs, je suis un consommateur avide d’informations politiques et je m’intéresse à la philosophie. Résultat : il n’est pas rare pour moi d’écouter les informations en fond sonore tout en lisant un obscur essai de Ludwig Wittgenstein sur la nature de la connaissance.  C’est étrange, je sais !

 

Propos recueillis par Jean-Luc Caradec

 

A propos de l'événement

Case Scaglione et l'Orchestre National d'Île-de-France
du Mardi 22 octobre 2019 au Mardi 22 octobre 2019
Philharmonie de Paris
221 Avenue Jean Jaurès, 75019 Paris

Mardi 22 octobre à 20h30. Tél. 01 44 84 44 84


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