La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Entretien

Blockbuster insurrectionnel : quand le théâtre pirate le cinéma

Blockbuster insurrectionnel : quand le théâtre pirate le cinéma - Critique sortie Théâtre Malakoff Théâtre 71

Théâtre 71 / par Nicolas Ancion et le Collectif Mensuel

Publié le 26 septembre 2016 - N° 247

Un spectacle qui parodie et détourne en live des blockbusters du cinéma américain : c’est le dispositif inédit et détonnant imaginé par le Collectif Mensuel, en forme de revanche sur le cinéma.

En quoi consiste exactement ce dispositif de Blockbuster ?

Nicolas Ancion : Nous avons piqué plus de 1400 plans à des films américains pour construire une histoire basée sur un roman que j’ai écrit : Invisibles et remuants. Les comédiens principaux en seront Julia Roberts et Michaël Douglas. Nous avons fait un montage et réécrit les dialogues, avec un lipping supérieur en qualité à celui de bien des doublages. Bien sûr, d’un plan à l’autre, il y a des changements de coupes de cheveux, d’habits, d’âge des acteurs. C’est très rigolo d’ailleurs. Mais on les suit à la voix. Trois comédiens et deux musiciens doublent, bruitent et ambiancent le film en direct sur le plateau.

« L’histoire raconte comment à force d’être maltraité, le peuple finit par se soulever. »

Pourquoi ce titre Blockbuster ?

N.A. : Parce que nous avons choisi des extraits de blockbusters américains afin de créer notre propre blockbuster insurrectionnel. L’histoire raconte comment à force d’être maltraité, le peuple finit par se soulever. C’est un véritable acte de détournement, de piraterie d’un genre avant tout engagé dans une entreprise de décervelage et d’abrutissement des masses. Nous n’avions pas envie de prendre des plans tirés de films qui nous tiennent à cœur.

 Comment vous est venue cette idée ?

N.A. : L’idée est née le jour où le Théâtre de Liège nous a proposé de monter l’histoire de mon roman dans sa grande salle, une jauge de 500 personnes. On était parti sur l’idée d’un dispositif de trois comédiens à la table, alors il nous fallait changer de format. Et comme cette forme de mashup, de mélange, c’était un vieux fantasme, on s’est lancé.

Comment avez-vous procédé pour les droits ?

N.A. : Nous sommes dans une petite fenêtre, celle du droit à la citation et à la parodie, qui nous permet de ne pas avoir à payer de droits. Comme nous avons pioché dans plus de 400 films, cela aurait été compliqué de négocier avec chacun !

Est-ce encore du théâtre ?

N.A. : Cette question nous a longtemps accompagnés. Au début, on voulait faire cohabiter des séquences de théâtre avec le montage filmé. Mais ça ne fonctionnait pas. Le théâtre paraissait horriblement faux. Et puis, dès la première représentation, on a eu la certitude que c’était quelque chose de théâtral qui se passait. Doubler et ambiancer en direct, c’est un véritable tour de force pour les musiciens et les acteurs. Et puis on est face à de grandes salles remplies de spectateurs qui transmettent leur énergie. Cela aussi œuvre à la distinction entre le théâtre et le cinéma.

Propos recueillis par Eric Demey

A propos de l'événement

Blockbuster insurrectionnel : quand le théâtre pirate le cinéma
du Vendredi 7 octobre 2016 au Samedi 15 octobre 2016
Théâtre 71
3 Place du 11 Novembre, 92240 Malakoff, France

mardi et vendredi à 20h30, mercredi, jeudi et samedi à 19h30, dimanche à 16h. Tel. : 01 55 48 91 00.


x

Suivez-nous pour ne rien manquer sur le Théâtre

Inscrivez-vous à la newsletter

x
La newsletter de la  Terrasse

Abonnez-vous à la newsletter

Recevez notre sélection d'articles sur le Théâtre