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En choisissant d’adapter la prose de [...]
Avignon / 2026 - Entretien / Benjamin Tholozan
Benjamin Tholozan explore avec humour ses racines méridionales, interroge la glottophobie, qui raille les parlers régionaux, et propose une épopée du français fougueuse, iconoclaste et joyeuse.
« Parler pointu, dans le Midi, cela veut dire ne pas avoir l’accent du Sud, et parler ce qu’on suppose être le français parisien, neutre, celui de la télé, de la radio. La question initiale dont nous sommes partis, avec Hélène François, c’est celle de la légitimité de l’élitisme culturel : pourquoi, quand on veut être avocat, journaliste, ou comédien – comme ça a été mon cas – doit-on changer d’accent ? Pourquoi ne joue-t-on pas au Théâtre de l’Odéon avec l’accent du Béarn ? Pourquoi les accents régionaux sont-ils réservés à la farce ? Pourquoi la façon dont les gens parlent est-elle plus importante que ce qu’ils disent ? Pourquoi, dans les médias, tout le monde parle de la même façon ? Notre point de départ, comique et parodique, nous permet de retracer l’histoire du français, et l’ostracisme subi par les langues régionales, dont les accents sont les vestiges.
Le spectacle démarre par une adresse directe au public, comme un stand-up. On part du cliché pour s’en éloigner, et retracer une fresque historique qui commence avec la croisade des Albigeois au XIe siècle, passe par l’ordonnance de Villers-Cotterêts, au XVIe siècle, et avance par sauts de puce jusqu’à nos jours, dans une manière de raconter burlesque, parodique, excessive, grand-guignolesque. Le musicien Brice Ormain a adapté des chansons traditionnelles et composé la musique originale du spectacle, s’insèrant progressivement dans le récit. Les lumières de Claire Gondrexon et la scénographie d’Aurélie Lemaignen créent une esthétique qui joue des clichés, puisqu’il s’agit justement de les déconstruire. Il s’agit de parler d’identité sans être identitaire, et de montrer, en étudiant l’histoire des régionalismes, combien la nation française est un projet mouvant. »
Propos recueillis par Catherine Robert
à 18h10 ; relâche les 8, 15 et 22 juillet. Tél. : 04 90 82 20 47. Durée : 1h30.
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