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Avignon / 2026 - Entretien / Martin Grandperret et Sébastien Nivault
Quatre personnages vivent seuls, au sein d’un même immeuble… Entre mots et mouvements, réalisme social et onirisme, Martin Grandperret, Aurélie Mouilhade, Sébastien Nivault et Laurent Troudart signent un spectacle hybride qui interroge la fragilité de nos existences contemporaines.
Qui sont les personnages de 24, cité des Promesses ?
Martin Grandperret et Sébastien Nivault : Il y a César, qui se lève avant tout le monde pour nettoyer les bureaux d’une multinationale en banlieue. Il lave ce que le monde ne veut pas voir. Il y a Louise, qui dirige la communication d’une grande entreprise. Son objectif est clair : réussir, coûte que coûte. Il y a Arthur, un professeur d’anthropologie passionné par les cultures amérindiennes. Il est là pour vider l’appartement de son père qui vient de mourir. Et puis il y a Sylvain, un écrivain. Il enchaîne les boulots alimentaires, notamment pour une boîte d’intérim qui l’envoie, déguisé, animer des anniversaires d’enfants. Au milieu de tout ça, il y a un chœur, comme un cinquième personnage, des silhouettes qui passent, qui traversent, qui transforment l’espace…
Comment ces quatre existences prennent-elles vie sur scène ?
M.G. et S.N. : La pièce se déroule sur 24 heures. Une journée complète, pendant laquelle on suit ces quatre personnages à différents moments de leur vie : chez eux, au travail, dans la rue, face aux autres… Ou face à eux-mêmes. Sur scène, les interprètes passent sans cesse du texte au mouvement. Ils racontent, ils incarnent, ils traversent leurs propres histoires. Par moments, les mots disparaissent complètement : une situation suffit et le corps prend le relais. Cela devient du mouvement, presque de la danse. Parfois, une simple image raconte tout. Rien de spectaculaire : une silhouette à la fenêtre, un chien qui aboie… Et puis, à d’autres moments, ça déborde. Les mots arrivent en masse… Est-ce que la somme de nos ambitions individuelles peut vraiment créer un monde vivable pour tous ? C’est un des grands paradoxes d’aujourd’hui. 24, cité des Promesses est né d’un constat simple : nos vies avancent à toute vitesse, alors même que l’on connaît les grands défis collectifs auxquels nous faisons face, sociaux et écologiques. Notre pièce part d’une image très concrète : la solitude au cœur des grandes villes. Être seul au milieu de la foule, dans un monde qui paraît sans fin… C’est à la fois triste, absurde, parfois drôle et, surtout, profondément humain.
Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat
à 13h35. Relâche le jeudi. la-factory.org. Durée : 1h30.
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