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Du 16 juin au 4 juillet, le Théâtre national [...]
Pour la Comédie-Française, Valérie Lesort s’empare de l’opéra bouffe La Vie parisienne créé par Jacques Offenbach en 1873. Afin de retrouver la force de cette critique de la société parisienne du Second Empire, elle en grossit les traits et leur donne une allure animale.
Vous signez avec La Vie parisienne votre troisième collaboration avec la Comédie-Française. Lorsque l’on vous propose de monter cette œuvre de Jacques Offenbach, la réponse est-elle pour vous évidente ?
Valérie Lesort : Comme presque tout le monde, je connaissais la musique de La Vie parisienne. C’est l’une des opérettes les plus célèbres, et plusieurs de ses morceaux sont de véritables tubes, tel son French cancan. Cette partition est très inspirante et joyeuse. En revanche je ne connaissais rien du livret réalisé par Henri Meilhac et Ludovic Halévy, où la société de l’époque en prend pour son grade, en particulier les premiers touristes parisiens. Le texte est très marqué par son temps, notamment dans le traitement des personnages féminins, qui ne décident de rien. Je me suis demandée comment m’emparer de cette œuvre en tant que femme metteure en scène d’aujourd’hui, et c’est quand j’ai trouvé la réponse que j’ai accepté
Comme souvent chez vous, cette réponse est en grande partie plastique.
V.L. : J’ai en effet décidé d’animaliser les personnages afin de rapprocher la fable ancrée dans la Belle Époque du public d’aujourd’hui. J’ai pour cela travaillé avec la plasticienne et marionnettiste Carole Allemand à la création de prothèses réalisées à partir de moulages des visages des comédiens, que je connaissais déjà presque tous et qui sont extraordinaires. Nous avons aussi travaillé avec le comédien et acrobate zoomorphe Cyril Casmèze pour développer une expression corporelle forte et singulière.
« J’ai décidé d’animaliser les personnages afin de rapprocher la fable ancrée dans la Belle Époque du public d’aujourd’hui »
Comment avez-vous travaillé avec Alexandra Cravero qui assure la direction musicale du spectacle ?
V.L. : Cette collaboration a été formidable ! Il était très précieux d’être deux femmes pour s’emparer de cette œuvre. Nous avons travaillé ensemble très tôt, car il a fallu réaliser certaines adaptations, notamment afin d’éviter aux comédiens d’être mis en difficulté par des prouesses lyriques. Les coupes de texte que j’ai réalisées afin de rendre l’œuvre plus fluide et accessible à un spectateur d’aujourd’hui ont aussi nécessité des ajustements musicaux. Il fallait vraiment avancer main dans la main.
En plus des 12 comédiens de la Troupe, la distribution compte seize choristes et dix danseurs. Comment tous ces interprètes dialoguent-ils ?
V.L. : Tout le monde doit avancer ensemble, et c’est ce qui est passionnant dans pareille production. La pièce est faite de nombreuses fêtes, il était donc évident pour moi que la danse soit centrale. Les comédiens dansent aussi : en plus d’avoir travaillé leur gestuelle, ils ont appris des danses avec le chorégraphe Rémi Boissy. Avec La Vie parisienne, les comédiens du Français déploient toute leur immense palette d’expression.
Propos recueillis par Anaïs Heluin
du lundi au samedi à 19h30, le dimanche à 15h. Relâche les 15, 18, 21, 25, 26 et 30 juin, du 1er au 3, le 6 et le 9 juillet. Tel : 01 40 28 28 40. Durée : 3 h.
Du 16 juin au 4 juillet, le Théâtre national [...]