L’édition 2026 du Festival d’été de la Maison Maria Casarès
L’édition 2026 du Festival d’été de la Maison [...]
Quatre quarantenaires interrogent l’amour à travers celui de deux couples d’octogénaires à la longévité passionnelle édifiante. Yordan Goldwaser continue son exploration de l’œuvre de Viripaev.
« Illusions est la troisième pièce de Viripaev que nous travaillons, au sein de la compagnie La Nuit américaine, après Les guêpes de l’été nous piquent encore en novembre et OVNI. Nous retrouvons joyeusement ce théâtre vif, sensible, intelligent, drôle et métaphysique. Nos spectacles sont toujours très dépouillés, centré sur le travail du comédien. Après des formes en en bi et tri-frontal, j’avais envie de revenir au rapport frontal, ce qu’offre cette pièce composée de récits successifs, qui fait de l’adresse au public son action. L’action est dans le récit ; le mental est dans l’imaginaire. Viripaev est un auteur dont les obsessions reviennent de pièce en pièce. La réflexion autour du thème de la vérité y est central : comment l’établir, comment s’entendre sur une compréhension commune du monde ?
Puzzle théâtral
La question est ici celle de la définition de la situation amoureuse. Quatre quarantenaires viennent faire le récit de la vie amoureuse de quatre octogénaires, comme pour y trouver des repères pour eux-mêmes. Le premier récit laisse supposer une vie exemplaire, mais la réalité se révèlent progressivement moins simple que sa façade ! Les narrateurs font exploser le modèle amoureux classique, s’engouffrent dans ses failles, pour recomposer un modèle souhaitable. Comment s’assurer qu’on a vraiment fait l’expérience de l’amour, en aimant ou étant aimé ? Existe-t-il des manières plus complètes, plus intenses de la vivre ? Selon Viripaev, la vérité est toujours fragile et temporaire : on y accède de manière fulgurante mais jamais définissable. La scénographie rend compte du caractère morcelé du récit : structurellement éclatée, elle rejoue la pièce et contribue à briser l’image d’Épinal initiale. Une fois assemblé, le décor, comme le récit, fait avancer l’enquête. Ludique, étonnant et surprenant, ce puzzle théâtral dit la complexité des rapports amoureux. »
Propos recueillis par Catherine Robert
Du mardi au samedi à 20h, le dimanche à 16h.
Tél. : 01 43 28 36 36.
Durée : 1h30.
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