Danse - Critique

Swing Museum

Région / Montbéliard / MA scène nationale / chor. Héla Fattoumi et Eric Lamoureux

Héla Fattoumi et Eric Lamoureux signent leur première pièce jeune public : un rebond qui prend la suite du travail d’Oscyl et ouvre chez le spectateur un espace pour le rêve, puisant dans le dialogue d’un corps avec une matière.

L’espace est immaculé et froid, trois sculptures aux lignes pures, presque organiques, y trônent. Une voix nous conforte dans notre première impression : un gardien est requis salle Jean Arp. Nous sommes bien au musée, et le clin d’œil, ou plutôt l’hommage au poète-plasticien ne s’arrête pas là. Ces trois objets, proposés par le scénographe Stéphane Pauvret, sont directement inspirés de son travail et forment ici, comme dans la dernière création des Fattoumi-Lamoureux Oscyl, des partenaires de premier choix pour la danse. Il faut dire que leur rapport au poids a de quoi surprendre : un centre de gravité très bas, doublé d’une facilité à être manipulé, et le tour est joué pour faire de ces étranges silhouettes des sculptures mouvantes, dansantes, voire même vivantes… Pour l’heure, l’immobilité règne et le gardien s’ennuie. Trois bâillements, un petit numéro burlesque à la Chaplin et le voilà qui s’endort. Pour leur première pièce jeune public, les deux chorégraphes ont misé sur une scène d’exposition simple et efficace, et la situation qui en découle n’en est que plus élémentaire : c’est dans le rêve du gardien que vont se réaliser les déploiements et variations du spectacle, dans un espace où désormais tout est permis.

Une Nuit au Musée des plus chorégraphiques…

La métamorphose du gardien en danseur à la découverte de ces entités engage le corps dans un joli dialogue : toucher, pousser, imiter, défier, caresser, séduire, affronter… La danse naît de l’expérimentation de ces registres et de l’espace qui se dilate et se réfracte en fonction des réactions de la matière. C’est drôle, vivant, habité ; désormais, c’est sûr, plus aucun enfant ne visitera un musée sans engager son propre sens du mouvement ! Jim Couturier laisse aller ses rebonds et son allant tout en ajustant constamment les dynamiques et les énergies de ses partenaires facétieux, à la fois comme danseur et comme marionnettiste-fantôme. L’imaginaire bat son plein dans ce qu’il convient d’appeler un véritable quatuor, empli d’images, que les chorégraphes poussent ensuite plus loin par la vidéo-projection comme pour mieux entrer dans l’Atelier de la Nature voulu par Jean Arp. Dès lors, on ne sait plus qui de l’onirique, du fantastique, ou du naturel guident nos perceptions ; mais on se réveille, à l’instar du gardien, avec la sensation d’une belle traversée, nourrie de références, et porteuse de vie. Et le sentiment de vouloir expérimenter, soi-même, un rapport vivant, tactile et sensible aux œuvres.

Nathalie Yokel

 

A propos de l'événement

Swing Museum
du Samedi 3 mars 2018 au Samedi 3 mars 2018
MA scène nationale
4 rue Charles Contejean, 25200 Montbéliard

à 11h Tél. : 0 805 710 700.


Mots-clefs :, , ,

A lire aussi sur La Terrasse

Danse - Agenda

We love Arabs

Avec le danseur Adi Boutrous, le chorégraphe [...]

We love Arabs : En savoir plus
Danse - Agenda

Apparition

La toute dernière création du Ballet National [...]

Apparition : En savoir plus

Recevez le meilleur
du spectacle vivant

Abonnez-vous gratuitement à notre newsletter pour recevoir chaque semaine dans votre boîte email le meilleur du spectacle vivant : critique, agenda, dossier, entretien, Théâtre, Danse, Musiques... séléctionné par la rédaction