Danse - Entretien / Mark Tompkins

STAYIN ALIVE

Mark Tompkins Crédit : Per Morten Abrahamsen

CREATION MARS 2018 / Centre National de la Danse / chor. Mark Tompkins

Comédien, danseur, chorégraphe, chanteur, l’américain Mark Tompkins agite la scène française de ses spectacles inclassables et décalés depuis le début des années 1980. Il présente au CND un nouveau solo, STAYIN ALIVE.

Pouvez-vous nous parler de votre prochaine création, STAYIN ALIVE, dont les thèmes sont la vieillesse et la mort ?

Mark Tompkins : STAYIN ALIVE ne parle pas de la vieillesse mais du vieillissement, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. On vieillit dès la naissance. La pièce couvre toute la période de la vie, pas uniquement la fin. Quant à la mort, elle peut elle aussi arriver à tout âge. Cela élargit le propos. Je raconte dans ce solo des histoires de famille. Le fait qu’il s’agisse de ma propre famille ou non, d’une autobiographie ou d’une fiction reste ouvert. Je traverse des étapes, des moments de vie, la mienne ou celle de quelqu’un d’autre. Aux textes se mélangent des moments de danse, de chant, de musique et d’installations. Le décor est comme dans un aéroport, cette espèce de labyrinthe qui dirige les gens vers la sécurité, la douane. Quand on prend l’avion on est un peu tendu, on se demande si l’on n’a rien oublié, si on a quelque chose qu’on ne devrait pas avoir et qu’il faudrait jeter. On est devant l’autorité qui décide si oui ou non on peut passer. C’est un moment entre deux mondes, entre là d’où on vient et là où on va. STAYN ALIVE parle de ces moments de passage.

« Je traverse des étapes, des moments de vie, la mienne ou celle de quelqu’un d’autre. »

Ce moment de passage est-il pour vous une métaphore de la vie, entre la naissance et la mort ?

M.T. : Il peut l’être, mais ça reste ambigu. Cette situation est assez universelle. Dans le prologue du spectacle, en approchant la douane je laisse derrière moi les objets et les vêtements d’une enfance, d’une vie passée, pour aller de l’autre côté. Après s’ouvre quelque chose de plus onirique, de plus poétique.

Allez-vous jouer dans ce solo plusieurs personnages ?

M.T. : Oui, disons que je glisse d’un personnage ou d’un âge à un autre. Je joue brièvement ma mère ou mon père. Mais la transition n’est pas si nette. Je mets un habit ou je change de voix pour être quelqu’un d’autre.

Ce que vous racontez de la zone d’embarquement fait penser à SONG & DANCE, où il est aussi question de transition, mais entre la scène et la vie quotidienne.

M.T. : SONG & DANCE était beaucoup plus spectaculaire. STAYIN ALIVE est très intimiste, et le public est très proche. En revanche, on retrouve l’utilisation des tubes, de ces morceaux de musique que tout le monde connaît. Cela enclenche chez le spectateur son propre souvenir qui se frotte à mon interprétation, parfois assez loin de ce que l’on peut attendre.

 

Propos recueillis par Delphine Baffour

A propos de l'événement

STAYIN ALIVE
du Mardi 20 mars 2018 au Jeudi 22 mars 2018
Centre national de la danse
1 rue Victor Hugo, 93 507 Pantin.

à 21h. Tél. 01 41 83 98 98. Durée : 1h15.


Également HOMMAGES : La Valse de Vaslav, pour Nijinski ; Icons, pour Valeska Gert ; Under My Skin, pour Joséphine Baker ; Witness, pour Harry Sheppard,  les 13 et 14 avril au CND Pantin.


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