« L’Ombre » de Blanca Li, : le premier spectacle au monde à proposer une expérience en réalité mixte pour 240 spectateurs
Blanca Li invente une manière singulière de [...]
Créé en septembre à Biarritz en ouverture de la 36ème édition du festival Le Temps d’Aimer la Danse, Summerland, qui rassemble le chorégraphe Benjamin Millepied, la chanteuse November Ultra et neuf danseurs et danseuses, invite au pays lumineux de la douceur.
Depuis quelques années, Benjamin Millepied se plaît à chorégraphier sur de la musique pop et ça lui va fort bien. Après un (magnifique) opus consacré à Jeff Buckley, puis un autre à Barbara (visible du 9 au 22 novembre aux Folies Bergères), c’est au tour de November Ultra d’entrer avec lui dans la danse. Nous avons ainsi la joie de savourer la présence sur scène de la lauréate de la Victoire de la révélation féminine en 2023. Au clavier, à la guitare ou a cappella, arborant des demi-pointes et toute de tulle vêtue, elle égrène de sa voix limpide ses ballades envoûtantes, entourée de neuf danseurs et danseuses virtuoses aux personnalités marquées. Aux oreilles de l’ancien directeur du Ballet de l’Opéra de Paris, le répertoire de la délicieuse chanteuse sonne comme un rêve éveillé, un paysage onirique ressemblant aux couchers de soleil admirés sur les plages de Summerland, petite ville de la côte californienne au nom prometteur, nichée aux abords de Santa Barbara.
Une douce brise au pays de l’été
Il sort donc pour cette création ses plus beaux pastels (assortis au délicates lumières de Valentin Bodier) et dessine tout en douceur une série de duos amoureux où les genres (comme dans sa version de Roméo et Juliette) importent peu. En variant les couleurs, de l’aérien au primesautier, de l’éthéré au virevoltant, en réglant ingénieusement les entrées et sorties des interprètes, y compris la musicienne, en mêlant des danses chorales à laquelle participe parfois avec une irrésistible ingénuité celle qu’on surnomme Nova, il évite l’ennui qu’aurait pu générer le dispositif une chanson / un duo. Sa création emplie d’une tendresse rafraîchissante a été saluée d’une standing ovation par le public, qui s’était déjà levé en ouverture de soirée pour saluer dignement Thierry Malandain, dont cette 36ème édition du Temps d’Aimer fut la dernière, et que l’on a vu tirer sa révérence le cœur gros tant son travail d’orfèvre va manquer à Biarritz et à la danse.
Delphine Baffour
Du 24 au 28 novembre à 19h, le 29 novembre à 15h et 18h.
Tél. 0 800 00 16 50. Durée : 1h20.
Tournée en 2027.
Spectacle vu au Théâtre de la Gare du Midi, Biarritz, dans le cadre du festival Le Temps d’Aimer la danse.
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