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Danse - Entretien / Amala Dianor

Siguifin , chorégraphie d’Amala Dianor

Siguifin , chorégraphie d’Amala Dianor - Critique sortie Danse Suresnes Théâtre de Suresnes Jean Vilar
Les danseurs de Siguifin. Crédit : © Jerome William Bationo.

Théâtre de Suresnes Jean Vilar / chor. Amala Dianor

Publié le 15 décembre 2020 - N° 289

A Suresnes Cité danse, le chorégraphe contemporain issu du monde du hip-hop collabore avec trois chorégraphes, Naomi Fall, Ladji Koné et Alioune Diagne, pour faire rayonner le dynamisme de la jeune scène d’Afrique de l’Ouest.

Comment est née cette création en collaboration avec plusieurs chorégraphes d’Afrique de l’Ouest ? 

Amala Dianor : Je me suis tourné vers Ladji Koné, qui travaille avec moi depuis Quelque part au milieu de l’infini, le spectacle que j’ai créé en 2016. Il très actif à Ouagadougou au Burkina Faso avec son collectif Jump qui accompagne des danseurs hip-hop. Sur ses conseils, nous avons proposé à Alioune Diagne, qui dirige Le Château à Saint-Louis au Sénégal, et à Naomi Fall, très impliquée à Bamako au Mali grâce à son festival Farifoni Waati, de nous rejoindre. Je voulais mettre en valeur des chorégraphes africains très actifs dans leur pays, qui représentent cette nouvelle génération d’artistes, et leur demander d’inviter des danseurs qui incarnent aussi ce dynamisme.

« J’ai monté ce projet pour les danseurs avant tout. »

Comment avez-vous travaillé ensemble ?

A.D. : Nous avons décidé de travailler sur le principe du cadavre exquis. Chacun travaillait une partie, que le chorégraphe suivant poursuivait sans avoir vu la partie précédente. Chaque chorégraphe a bénéficié de trois semaines de travail avec l’équipe artistique. Mon rôle a été de lier les trois parties en assistant à plusieurs répétitions. Siguifin signifie « Monstre magique » en bambara (une des langues nationales du Mali). On ne savait pas ce qui allait naître de cette collaboration, de cette création et de cette manière de faire. Alors nous avons imaginé un objet peu cohérent, lié à l’idée de monstre…

Était-ce une manière de mettre en avant la diversité chorégraphique de l’Afrique de l’Ouest ?

A.D. : J’ai monté ce projet pour les danseurs avant tout. Je voulais leur permettre d’avoir une expérience professionnelle, de rencontrer des chorégraphes et de tourner. C’était une manière de donner l’opportunité à de jeunes danseurs de comprendre ce qu’est une création avec un groupe important d’interprètes. S’il existe l’École des Sables à Dakar au Sénégal ou le CDC La Termitière au Burkina Faso, beaucoup de danseurs ne peuvent pas bénéficier de formations ni se professionnaliser. Je voulais également leur donner la parole, leur fournir les moyens d’exprimer ce qui les animent, ce à quoi ils aspirent, aussi afin de se détacher de l’image exotique que nous avons d’eux en France.

 

Propos recueillis par Belinda Mathieu

A propos de l'événement

Siguifin
du Samedi 23 janvier 2021 au Dimanche 24 janvier 2021
Théâtre de Suresnes Jean Vilar
16, place Stalingrad, 92150 Suresnes

Le 23 janvier à 19h30 et le 24 janvier à 17h. Tel : 01 46 97 98 10. www.theatre-suresnes.fr


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