Avignon - Entretien

Sarclo sings Dylan (in French)

Atypik Théâtre / Chanson

Personnage attachant et indépendant de la scène de la chanson francophone, le Suisse (de Montreuil, où il vient d’ouvrir un théâtre) se lance dans l’aventure d’un tout nouveau projet : traduire et porter à la scène, en langue française, les chansons de Bob Dylan. En prenant comme plus court chemin vers l’émotion que lui inspirent ces chansons la liberté de les traduire et de les chanter, guitare et harmonica en mains, sans rien abdiquer de sa personnalité d’auteur-compositeur-interprète.  

Comment avez-vous abordé ce passage des chansons de Dylan d’une langue à l’autre ? Peut-on parler de traduction ?

Sarclo : Oui ! On doit absolument parler de traductions, vu que les collègues avant moi ont dit qu’ils faisaient des adaptations, et qu’ils ont un peu cochonné le taf ! C’est-à-dire qu’il faut s’approprier le chant, le fil émotionnel, mais il faut aussi batailler pour restituer chaque image et chanter la même chanson. Le passage de l’anglais au français se fait presque à regret, mais ce sont les chansons que j’aime le plus et les gens ne les comprennent pas. L’anglais est plus souple à mâcher, mais le français est la langue dans laquelle je pense, rêve et imagine. Je dirais qu’il faut mettre un peu de Soupline en prévoyant un essorage pas trop fort.

« Ce sont les chansons que j’aime le plus et les gens ne les comprennent pas. »

Quelle est votre histoire personnelle avec ces chansons dans leur version originale ?

Sarclo :  En 1965, mon frère m’a ramené un 45 tours… et je n’en ai plus démordu ! J’ai connu Dylan avant Pablo Casals et Kathleen Ferrier, mais après Brassens et Jean Villard Gilles. Je lui dois ce que je sais d’anglais et de guitare. Je connais par cœur la grosse moitié des chansons que j’ai traduites. C’est aussi ces chansons que je chantais dans les bistrots et dans la rue avant d’écrire les miennes…

En quoi Dylan est-il selon vous un grand auteur-compositeur-interprète ?

Sarclo :  Quand on a demandé à Leonard Cohen si le Nobel de Bob Dylan était justifié, il a répondu : « C’est comme monter sur l’Himalaya et mettre un écriteau : ICI SE TROUVE UNE GRANDE MONTAGNE ». Dans le paysage de la chanson en France, Dylan apporte complication du récit, poison, liberté rythmique du chant, rupture logique du flot des images. Je crois que c’est ce qu’aurait pu apporter Prévert s’il avait été lui aussi ce musicien roots et instinctif, enraciné dans les harmonies les plus simples et sachant les reproduire avec fantaisie et profondeur.

 

Propos recueillis par Jean-Luc Caradec

A propos de l'événement

Sarclo sings Dylan (in French)
du Vendredi 6 juillet 2018 au Dimanche 29 juillet 2018
Avignon Off. Atypik Théâtre
95 rue de la bonneterie 84000 Avignon

à 13h45 ; relâche les 10, 17 et 24 juillet. Tel: 04 86 34 27 27


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