Reprise de « Le Tartuffe ou l’Hypocrite » dans la mise en scène d’ Ivo van Hove
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Thermos Grönn réussira-il à échapper à ceux qui lui réclament des comptes et à rejoindre le paradis fiscal ? Sacha Vilmar met en scène avec jubilation le texte hilarant et foutraque de Romane Nicolas.
« En 2021, j’ai passé commande d’un texte à Romane Nicolas, à l’occasion du festival Démostratif, que je dirigeais à Strasbourg (ndlr Festival des arts scéniques émergents). Je lui ai demandé d’écrire une histoire sordide ! En écoutant Léa Salamé interviewant Carlos Ghosn réfugié au Liban après s’être enfui du Japon dans un flight-case, Romane a trouvé le motif idéal dans cette romantisation des voyous en cols blancs. L’histoire commence donc chez Thermos Grönn, qui attend la complice de sa fuite après avoir détourné des millions. Ruelle, tarmac de l’aéroport, trou où l’attend un tribunal avide de régler les comptes du capitalisme et le juger : on le suit dans cette course où tout le monde se renvoie la balle de la culpabilité, le directeur de la stratégie commerciale qui lui sert de fusible, les concurrents du bandit, les députés qui le protègent, la télévision qui le couvre, jusqu’à l’implication du Big Bang ! Il meurt, asphyxié dans sa malle, mais, arrivé au ciel, il a maille à partir avec l’archange Michel·e, ressuscite dans son cercueil, voit apparaître Bernard Arnault et finit sa course au paradis fiscal !
Un rire inquiet
L’écriture farcesque de Romane Nicolas est une lointaine cousine de celle d’Alfred Jarry, décalée, très drôle, ni réaliste, ni documentaire. La mise en scène jouit de ce grotesque et du plaisir de l’artifice théâtral, dans une esthétique joyeuse et colorée, égayée de perruques et de costumes, avec une tournette géante manipulée par Thermos Grönn. Cette satire politique surréaliste permet la distance avec ce sujet très violent et ce personnage d’une abjection totale. Tout chez lui, de son impunité à sa fuite, est tellement ridicule que je préfère en rire. La comédie est devenue un peu suspecte en nos temps dramatiques, mais je crois que l’on peut parler des choses sérieuses avec d’autres outils que la gravité, sans empêcher qu’elle affleure. Romane parle d’un rire inquiet. On rigole, certes, mais de qui a-t-on rigolé et pourquoi ? Voilà ce à quoi le spectacle invite à réfléchir ! »
Propos recueillis par Catherine Robert
Du mardi au samedi à 20h30 ; dimanche à 16h30. Tél. : 01 43 28 36 36. Durée : 1h.
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