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"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien

Pinocchio (Live)#2 d’Alice Laloy

Pinocchio (Live)#2 d’Alice Laloy - Critique sortie Avignon / 2021 Avignon
Crédit : Cie S’appelle Reviens Légende : La metteuse en scène, scénariste et costumière, Alice Laloy

Gymnase du Lycée Saint-Joseph / d’après le mythe de Pinocchio / conception et mise en scène Alice Laloy
Entretien

Publié le 25 juin 2021 - N° 290

La nouvelle création de la marionnettiste Alice Laloy s’inspire librement du conte pour n’en retenir que l’essence, et questionner le passage de l’enfant objet à l’enfant sujet – ou l’inverse. Un univers aux frontières de la danse, des arts plastiques et de la performance.  

Comment avez-vous formé l’idée de ce spectacle ?

Alice Laloy : Tout vient d’une expérience. En 2014, le magazine Manip dédié aux arts de la marionnette, me commande une photo de Une. J’ai l’idée de créer une image qui reviendrait au mythe d’origine des marionnettistes, Pinocchio, où la question du pantin et de la filiation est centrale, qui agite aussi une sorte de fantasme de la création, qui questionne de manière radicale le rapport entretenu entre l’animé et l’inanimé. Alors, j’ai métamorphosé mon fils en pantin pour le prendre en photo. C’était saisissant. Quelque chose m’a surprise. J’ai eu envie de répéter l’expérience avec d’autres enfants (70 au total). Ce travail photographique m’a donné une direction. J’y ai vu la possibilité d’un spectacle performance, une forme de danse-transe sur la métamorphose comme rite de passage d’un état à un autre état, manière aussi de transgresser ce rite et de lui donner corps.

« Une forme de danse-transe sur la métamorphose comme rite de passage. »

Le travail de recherche vous a conduit jusqu’en Mongolie. Pourquoi ?

A.L. : Dans un premier temps, les personnes qui soutenaient mon projet m’ont aidée à mettre en place des espèces de petites résidences avec des enfants. Dans le rapport au corps, il y avait à mes yeux, lors de ces séances-ateliers, quelque chose qui pouvait – qui devait même – être poussé du côté de l’inanimé dans ses limites. Il fallait des contorsionnistes. En France, on ne pratique pas la contorsion. En cherchant, j’ai compris qu’il y avait un pays, la Mongolie, où la discipline était une pratique ancestrale. Bénéficiant du programme hors les murs de l’Institut français en 2017, j’ai fait le voyage. Et les enfants sont immédiatement entrés dans le jeu, dans ce jeu de désarticulés.

A quoi voulez-vous inviter le spectateur ?

A.L : Ce trouble – suis-je en face d’un pantin ou d’un humain ? – suscité par les transformations dont j’ai été la première spectatrice, trouble qui fait écho aux travaux sur la marionnette réaliste et à sa grammaire, je voulais le partager, le faire vivre en le mettant en scène. De là est né, Pinocchio(Live), pièce créée pour l’ouverture de la Biennale Internationale des Arts de La Marionnette à Paris en 2019. Cette année, nous recréons le spectacle avec dix enfants de l’école du Centre national chorégraphique de Strasbourg, dix performeurs du Conservatoire du CDN de Colmar dont je suis artiste associée et deux adolescents percussionnistes qui rythment la performance.

 

Propos recueillis par Marie-Emmanuelle Dulous de Méritens

A propos de l'événement

Pinocchio (Live)#2
du jeudi 8 juillet 2021 au lundi 12 juillet 2021

à 15h, relâche le 11. Tél : 01 90 14 14 14. Durée : 1h10.


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