Emmanuel Noblet met en scène « Barbara (par Barbara) » et dresse le portrait d’une Barbara loin des clichés avec justesse, intelligence et émotion
Dirigés par Emmanuel Noblet, Marie-Sophie [...]
Avec MICHI, qui signifie « chemin », Stephy Tsui propose une œuvre solo de théâtre physique créée à travers le silence, le mime et le mouvement, pour raconter l’histoire d’une petite fille acharnée.
Dans MICHI, Stephy Tsui fait du plateau une page vivante où le corps devient récit. Seule, sans un mot, elle traverse un monde de papier, de lumière et de lignes mouvantes, comme une enfant qui gravit les parois immenses de son existence avant de découvrir que l’ailleurs tant rêvé n’est qu’un territoire instable, traversé de menaces et de mirages. Inspirée par L’Attaque des Titans, elle compose une fresque physique où chaque geste ouvre un passage, où chaque frontière esquissée devient un seuil à franchir. Formée au mime corporel dramatique à Paris, nourrie par l’intensité émotionnelle de Hong Kong, Stephy Tsui a forgé un langage hybride et précis. Son corps porte les traces de deux traditions : la rigueur européenne et la sensibilité orientale, ainsi que des deux disciplines qu’elle pratique : le graphisme et la performance. Dans MICHI, cette double appartenance se déploie en un vocabulaire singulier, où le mouvement se fait mémoire, résistance, tentative de réinvention.
Derrière le mur
Le spectacle suit la trajectoire d’une petite fille qui saute un mur immense, court, tombe, se relève, traverse des ruines, cherche une issue dans un monde qui se dérobe… mais surtout qui ose ! Bien sûr, le monde n’est pas aussi beau que dans ses rêves en couleur. Alors, Stephy sculpte l’espace, trace des lignes invisibles, fait surgir des visions presque cinématographiques où le réel et l’imaginaire se superposent. Le papier devient matière vivante, la lumière dessine des paysages intérieurs, le silence porte la charge d’un cri retenu. Récompensée du titre de Performer of the Year en 2024, Stephy Tsui affirme ici une signature rare : un théâtre physique qui ne cherche pas l’illustration mais la sensation, qui laisse affleurer la part la plus fragile du corps, celle qui persiste malgré les murs, malgré la guerre, malgré la perte. MICHI explore l’exil, l’appartenance, la résilience — autant de thèmes qui traversent son propre parcours et trouvent, dans ce solo, une forme d’épure. MICHI ouvre un chemin. Un chemin qui vise à se réinventer à chaque geste, à chaque souffle, à chaque regard.
Agnès Izrine
à 15h50, relâche les 8, 15, 22 juillet. Tél. : 04 90 86 17 12. Durée 50 minutes.
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