La Terrasse

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Théâtre - Critique

Même les chevaliers tombent dans l’oubli

Même les chevaliers tombent dans l’oubli - Critique sortie Théâtre Le Blanc-Mesnil Forum du Blanc-Mesnil
Légende : Un dispositif technique très réussi pour Même les chevaliers... © Jean-Louis Fernandez

Théâtres de Seine-Saint-Denis/ Gustave Akakpo/ mes de Matthieu Roy
Même les chevaliers tombent dans l’oubli

Publié le 30 mars 2013 - N° 208

Spectacle jeune public à partir de huit ans, Même les chevaliers tombent dans l’oubli déconnecte couleur de peau et sentiment d’appartenance dans une pièce technologique et fantastique conçue par deux “débutants“.

Pour cette troisième édition de résidence jeune public initiée par le conseil général de Seine-Saint-Denis,  Gustave Akakpo, comédien et auteur d’origine togolaise et Matthieu Roy,  metteur en scène issu du TNS, ont répondu à une commande du CG93, articulant création théâtrale et activité de sensibilisation dans un réseau de théâtres du département. Belle initiative qui débouche donc, pour sa partie la plus visible, sur cette pièce pour laquelle auteur et metteur en scène font leurs premiers pas, ou presque, dans le domaine du jeune public. Cela se ressent, positivement, dans la mesure où cette pièce est avant tout contemporaine, tant sur le fond que sur la forme.  S’y traitent les questions de l’identité, de la culture d’origine, de l’intégration et de la couleur de la peau – thématiques qui trouvent naturellement en Seine-Saint-Denis un écho tout particulier -, sur un plateau où le théâtre dialogue très habilement avec la vidéo, et dans un registre où le poétique prend parfois l’accent de la banlieue. Pour le dire vite. Pour le dire vite car on ne tombe jamais lors de ce spectacle dans l’imitation de l’habituel type 9.3. Mais on ne l’évite pas non plus.

Un mariage parfait du fond et de la forme

On flirte avec lui, on le théâtralise, on le transforme, on le stylise dans le corps et dans la voix,  on le diffracte en de multiples personnages, on le fait passer de chair et d’os à image vidéo, d’enfant à adolescent, bref, on le floute pour mieux le saisir, on le remplit de cette diversité qui fait la richesse des hommes,  de cette part insaisissable qui construit chacun,  quand on vient de ces lieux qu’on appelle les quartiers. C’est là le message essentiel que véhicule cette pièce – chacun est fait de tous – dans un mariage parfait du fond et de la forme. En ce soir de première au théâtre des Bergeries de Noisy-le-Sec, le dispositif technique paraissait encore un peu encombrant, gênant pour le rythme, et l’histoire de George, jeune fille qui change de peau parce qu’elle est blanche mais africaine pourrait  poser des problèmes de compréhension. Mais le principe narratif reste parfaitement accessible, la vidéo habile, les effets spéciaux spectaculaires juste ce qu’il faut et la langue drôle, poétique, quotidienne et stylisée à la fois. Le théâtre jeune public, c’est sûr, se régénère singulièrement avec cette pièce.

Eric Demey

A propos de l'événement

Même les chevaliers tombent dans l'oubli
du Jeudi 11 avril 2013 au Vendredi 12 avril 2013
Forum du Blanc-Mesnil
1/5 Place de la Libération, 93150 Blanc-Mesnil
Le 11 avril à 14h15 et 12 à 14h15 et 20h30. Tél : 01 48 14 22 00.  Espace Jacques Prévert d’Aulnay-sous-Bois. Les 19 et 20 avril. Tél : 01 48 68 00 22.  Les 25 et 26 avril au Fil de l’eau à Pantin. Du 13 au 17 mai à l’Echangeur à Bagnolet. Les 21 et 22 mai à l’Espace Georges Simenon à Rosny-sous-Bois. Les 24 et 25 mai à l’Espace 1789 à Saint-Ouen.
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