La Terrasse

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Théâtre - Entretien

Les Larmes amères de Petra von Kant

Les Larmes amères de Petra von Kant - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre de l’Oeuvre
Le metteur en scène Thierry de Peretti Crédit : Stéphanie Braunshweig

Entretien / Thierry de Peretti Théâtre de l’Œuvre / de Rainer Werner Fassbinder / mes Thierry de Peretti

Publié le 29 janvier 2015 - N° 229

Le metteur en scène Thierry de Peretti crée Les Larmes amères de Petra von Kant, de Rainer Werner Fassbinder, avec Valeria Bruni Tedeschi dans le rôle-titre. Entre fiction et documentaire, ultra-réalisme et ultra-théâtralité. 

Vous déclarez que ce qui vous intéresse chez Fassbinder, c’est « la démesure » de son travail, « la violence qui traverse les rapports intimes, sexuels et politiques » dans son œuvre. Comment souhaitez-vous rendre compte, sur scène, de cette violence et de cette démesure ? 

Thierry de Peretti : Je crois que cela doit passer par l’incarnation, par la construction des rapports entre les actrices et les personnages, par la recherche d’un certain niveau de présence et d’écoute. J’ai voulu faire émerger un registre de théâtre à la fois ultra-réaliste et ultra-théâtral. Ce qui a impliqué d’ausculter au plus près la mécanique des relations entre les personnages. Finalement, contrairement à d’autres spectacles, je me suis ici assez peu posé les questions de la langue et de l’intrigue. J’ai vraiment voulu me situer à la jonction de la fiction et du documentaire, en mélangeant le poétique, le politique, les questions amoureuses, intimes, professionnelles…

Qu’est-ce qui vous paraît le plus saisissant dans cette pièce ?

Th. de P. : C’est l’impression quelle donne d’avoir été écrite en une ou deux nuits, pour être jouée deux jours après… Cette pièce renvoie à quelque chose d’instantané, de direct dont il faut rendre compte.

« Les Larmes amères de Petra von Kant est une pièce de crise… »

Il y a donc une sorte de contradiction entre le fait de se mettre à répéter durant deux mois dans une salle de théâtre et réussir à conserver quelque chose qui est de l’ordre de l’urgence. Mais nous avons essayé de faire ce grand écart…

Qu’est-ce qui se dessine derrière cette urgence ?

Th. de P. : La violence de certains rapports sociaux, les questions du colonialisme social à travers les rapports intimes, du projet amoureux qui rejoint le projet politique, les thèmes de la liberté, de l’émancipation, de la norme… Les Larmes amères de Petra von Kant est une pièce de crise, la crise que traversent tous les personnages, mais aussi la crise de l’époque et du pays dans lesquels la pièce a été écrite, c’est-à-dire l’Allemagne des années 1970. Mais il a été, bien sûr, impossible de détacher le spectacle d’une autre crise : les attentats qui ont eu lieu à Paris le mois dernier. L’idée, pour nous, a été de témoigner, ensemble, de ce moment extrêmement fort et particulier… Ce qui revient, finalement, à vouloir dialoguer avec ce texte, sans pour cela imposer une lecture de metteur en scène qui viendrait contrarier la part d’autofiction qui se déploie en lui.

Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Les Larmes amères de Petra von Kant
du Jeudi 12 février 2015 au Jeudi 12 mars 2015
Théâtre de l’Oeuvre
55 Rue de Clichy, 75009 Paris, France

du mardi au samedi à 21h, le dimanche à 16h. Tél. : 01 44 53 88 88. www.theatredeloeuvre.fr


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