La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole

Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole - Critique sortie Théâtre
Photo : Brigitte Enguerand La Belle (Frédérique Dufour), la Moins Belle (Marion Aubert) et la Bête (Adam Diop).

Publié le 10 février 2008

Mère et instit malmenées par d’affreux jojos, de méchants enfants terribles, de turbulents gamins au cœur pas si gros. Ça déménage chez Marion Aubert même si ça bavarde pas mal…

Pour ces Aventures de Nathalie Nicole Nicole,l’auteur Marion Aubert s’implique corps et âme, s’engageant dans une évidence ludique liée à un imaginaire malicieux en perpétuelle effervescence. Aubert sait jouer la comédie avec enthousiasme et exaltation, des qualités identifiables sur le plateau comme à la table, en fillette bloquée à ses jeux « je serais la princesse et toi tu serais le prince … » Des gosses investissent la scène dans l’innocence des récrés, sans la moindre possibilité de grandir à l’horizon du temps, expérimentant l’origine de soi inoubliable à l’aube de la maturité et avant l’heure de la conscience de soi. Un monde caricatural et grotesque inspiré de la BD, Peter Pan, Alice aux pays des merveilles et Harry Potter avec philtres, potions et pouvoirs magiques à volonté que fait pétiller la metteuse en scène Marion Guerrero dans la lumière, la couleur et les dimensions miniaturisées d’une classe maternelle. « Il était une fois une petite fille, elle n’aimait pas les autres… », le ton acidulé s’accommode des petits arrangements enfantins avec la cruauté gratuite, l’espièglerie mauvaise et la taquinerie âcre.

Ce sont les petits monstres qui renâclent de colère et de rage
Les grands, qu’ils soient parents ou éducateurs, ne se plaignent pas : ce sont les petits monstres qui renâclent de colère et de rage dans de violentes diatribes contre leurs responsables, des nuls, des incompétents qui n’ont rien compris à la vie. La mère de Nathalie Nicole Nicole s’autorise à dire à sa petite diablesse ce que la bienséance ne permet pas : «  Nous ne t’aimons pas suffisamment pour poursuivre avec toi. » Une explication aux affres des délinquants dérisoires, quand ils ont les parents qu’ils ont. D’où le désir juvénile de lutter afin de ne pas leur ressembler. Cette équipée mène son enfer à Poujols, là où l’incroyable se produit entre crimes et châtiments. Nathalie (blonde Frédérique Dufour) s’agite en compagnie de son copain Michel Chef-Chef (équivoque Capucine Ducastelle) et de sa copine Cléo (astucieuse Marion Aubert). En face de ces garnements insolents, la maîtresse (piquante Virginie Barreteau) se sacrifie aux côtés de Maman (sensuelle Flore Taguiev). Deux générations sous le regard de l’Enfant pratique (Adama Diop), le narrateur et ange protecteur aux ailes sombres duveteuses. De l’inventivité et du souffle frais dans ce spectacle un peu trop complaisant qui gagnerait en vivacité et en fermeté, si on le réduisait un peu.
Véronique Hotte


Les Aventures de Nathalie Nicole Nicole

De Marion Aubert, mise en scène de Marion Guerrero jusqu’au 24 février à 21h, dimanche à 15h30, relâche lundi au Théâtre du Rond-Point 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt 75008 Paris Tél : 01 44 95 98 21 www.theatredurondpoint.fr Texte publié aux Editions Papiers Actes-Sud.

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