La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Théâtre - Critique

Lendemains de fête

Lendemains de fête - Critique sortie Théâtre Paris Théâtre des Abbesses
Crédit Photo : Philippe Delacroix Légende : Lendemains de fête : une bouffée d’imaginaire signée Julie Berès.

Théâtre des Abbesses / conception et mes Julie Berès

Publié le 16 février 2013 - N° 206

Entrecroisement de panoramas : visuels, musicaux, chorégraphiques, textuels… Julie Berès met en jeu les échappées mentales d’un septuagénaire à la mémoire qui s’effiloche. Une plongée captivante dans les profondeurs de l’être.

C’est un kaléidoscope théâtral très touchant auquel nous convie la metteure en scène Julie Berès pour sa nouvelle création. Un kaléidoscope aux perspectives multiples, qui fait se rejoindre les univers artistiques des auteurs Elsa Dourdet, Nicolas Richard et David Wahl, du scénographe Mathias Baudry, de la costumière Aurore Thibout, de l’éclairagiste Daniel Lévy, du créateur sonore David Segalen, du vidéaste Christian Archambeau, de la plasticienne Juliette Barbier et de la chorégraphe Stéphanie Chêne. Après Sous les visages en 2008 et Notre besoin de consolation en 2010, les membres de la compagnie Les cambrioleurs reviennent au Théâtre des Abbesses avec Lendemains de fête, une exploration tour à tour grave, tendre, cocasse, mélancolique de la vieillesse et de la perte de mémoire. « Nous souhaitons parler de la vieillesse comme un âge à part entière, explique Julie Berès, qui ne soit pas seulement la conclusion d’une existence, mais un âge de tous les combats, nourri encore par de grandes espérances. » Cet âge, la proposition de la metteure en scène l’envisage de manière extrêmement sensible : en dehors de tout idéalisme, comme de tout misérabilisme.

Un creuset de perceptions poétiques         

Sur scène, trois comédiens (Christian Bouillette, Evelyne Didi, Julie Pilod) et deux circassiens (Matthieu Gary, Vasil Tasevski) investissent l’existence de Jacques et de Marie, deux septuagénaires qui s’aiment depuis la jeunesse. Présent et passé se font face, s’entremêlent, se distordent, donnent corps à toutes sortes de tableaux, réels ou fantasmés. De drôles de personnages défient ainsi les lois de l’apesanteur, glissent et rebondissent dans tous les sens, une chorale de chanteurs amateurs entonne des airs de Purcell, Bach, Vivaldi, la nudité de la vieillesse se révèle, levant le voile sur les désirs et les étreintes qui ne veulent pas s’éteindre, survivent aux jeunes années… Tout cela est très beau, fait naître des images et des perceptions d’une grande poésie. Comme une rêverie avançant au rythme d’un ballet de fondus enchaînés, Lendemains de fête nous place devant le miroir de notre propre inconscient, de notre propre imaginaire. Un miroir traversé par des réflexions sur la joie, le bonheur, la relation amoureuse, sur « l’insurmontable finitude de l’homme ».

Manuel Piolat Soleymat

A propos de l'événement

Lendemains de fête
du Lundi 25 février 2013 au Mardi 5 mars 2013
Théâtre des Abbesses
31 rue des Abbesses, 75018 Paris
Du 25 février au 5 mars 2013, à 20h30. Tél. : 01 42 74 22 77. www.theatredelaville-paris.com. Spectacle vu en janvier 2013 lors de sa création à la MC2 : Grenoble. Durée : 1h20. Egalement les 5 et 6 février 2013 au Granit à Belfort, les 15 et 16 février au Volcan au Havre, les 19 et 20 février au Fracas à Montluçon.
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