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Pendant un mois entier, l’École Kourtrajmé fait son festival à Paris au Théâtre de Belleville. À travers quatre spectacles, trois maquettes, un film et une rencontre, on découvre de jeunes artistes prometteurs et à l’image de notre société : riches de cultures multiples.
En fondant l’École Kourtrajmé dans la cité des Bosquets à Montfermeil en 2018, l’année où il tourne son film Les Misérables qui rencontrera le succès que l’on sait, le réalisateur Ladj Ly entend rendre accessibles les métiers de l’image aux jeunes les plus éloignés de la formation et de l’emploi. Ce n’est que deux ans plus tard que cette école gratuite s’intéresse aussi au jeu de l’acteur. Créée par la comédienne Ludivine Sagnier bientôt rejointe par le metteur en scène Sébastien Davis, la Section Acting forme des interprètes qui peuvent se diriger vers le cinéma ou le théâtre. La compagnie Kourtrajmé naît en 2022 afin d’accompagner l’entrée dans la vie professionnelle des jeunes artistes issus de la section. Pour rendre visible son travail, cette compagnie à géométrie variable – les membres de chaque nouvelle promotion sont invités à la rejoindre et à s’y investir comme ils le souhaitent – monte sur la capitale. Elle jette son dévolu sur le Théâtre de Belleville, où elle déploie tous ses talents. Ils sont multiples, de même que les formes des quatre spectacles, des trois maquettes et du film au programme du 5 au 31 mars.
Une jeunesse très en forme
C’est à Wassil Ben Messaoud qu’il revient d’ouvrir le temps fort de Kourtrajmé. Issu de la 2ème promotion de cette école, il nous présente son premier spectacle personnel, Le Dernier Aïd, dont il est à la fois l’auteur, le metteur en scène et l’interprète. Dans ce récit autofictif, l’artiste s’inspire de son parcours depuis la boucherie paternelle de Port-de-Bouc jusqu’au théâtre pour raconter un dernier Aïd avant fermeture du commerce. Changement total de registre avec Andromak, où le metteur en scène Cyril Cotinaut orchestre la rencontre entre la célèbre tragédie de Racine et huit membres de la compagnie Kourtrajmé. Dans Don’t Disturb, huit autres jeunes comédiens s’emparent d’une pièce écrite pour eux par Claire Barrabès, dans une mise en scène de Sébastien Davis. Il y est cette fois question du délitement des services publics : dans une médiathèque en pleine déliquescence s’installe un climat absurde. Dans Kiss enfin, Siham Falhoune et Maxime Saint-Jean s’interrogent sur le baiser de théâtre : « est-il possible pour deux acteur·ices de ne pas représenter, mais de vivre un vrai baiser d’amour en public ? ». Voilà qui promet pour ce Festival Kourtrajmé de bien riches heures d’émotion et de pensée.
Anaïs Heluin
Tel : 01 48 06 72 34.
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