La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Avignon - Entretien / Elsa Granat

Le Massacre du printemps d’ Elsa Granat

Le Massacre du printemps d’ Elsa Granat - Critique sortie Avignon / 2019 Avignon Avignon Off. Théâtre du Train Bleu
© Franck Guillemain Elsa Granat

Théâtre du Train Bleu / écriture et mes Elsa Granat
Entretien Elsa Granat

Publié le 23 juin 2019 - N° 278

Avec sa compagnie La Décharge Mentale, Elsa Granat construit des spectacles à partir d’histoires, de moments vécus. Dans Le Massacre du Printemps, elle fait de la fin de vie de ses parents une fiction tragique.

Dans Mon amour fou (2015), votre précédente création, comme dans Le Massacre du printemps (2017), vous travaillez sur la maladie. En quoi ce sujet vous intéresse-t-il au théâtre ?

Elsa Granat : Plus encore que la maladie – mentale dans le premier cas, physique dans le second –, c’est à mon avis la figure de l’accompagnant qui relie ces deux créations. Sans doute parce qu’au-delà de la fin de vie de mes parents, point de départ du Massacre du printemps, un des rôles que j’adopte le plus souvent dans ma vie personnelle et professionnelle est celui de facilitateur. Notamment en tant qu’assistante à la mise en scène. J’aime à interroger cet endroit complexe.

Vous partez dans Le Massacre du printemps d’une histoire très intime. Comment y avez-vous intégré de la fiction ?

E.G. : Le processus d’écriture a été pensé de manière à créer un tissu serré entre réalité et fiction. Mêlant des extraits du journal que je tenais pendant la maladie de mes parents, des textes issus d’improvisations au plateau avec les comédiens et d’autres écrits par moi seule lors de la création, cette pièce est volontairement très hybride.

« Le processus d’écriture a été pensé de manière à créer un tissu serré entre réalité et fiction. »

Le fait que trois actrices – vous-même, ainsi qu’Edith Proust et Jenny Bellay – jouent le rôle du personnage principal crée aussi un effet de distanciation. Pourquoi ce choix ?

E.G. : J’ai souhaité créer une rencontre entre des générations différentes, qui ont très rarement l’occasion de se réunir sur scène. En partie parce qu’en sortant de l’école, les jeunes artistes ont tendance à travailler avec les camarades de promotion. Après le deuil de mes parents, j’ai voulu aller vers Jenny Bellay, âgée de plus de 90 ans. J’avais envie de me déplacer dans ma pratique de jeu et de mise en scène. Je suis très heureuse de ce choix.

À Avignon, c’est la première fois que vous allez rejouer Le Massacre du printemps depuis sa création en 2017. Y verra-t-on la même pièce qu’à l’époque ?

E.G. : Pour notre venue à Avignon, la pièce a été recréée à l’aune de ce que nous sommes devenues. Au moment de la création, j’étais enceinte. Mon enfant a maintenant deux ans, et grandit dans l’absence de ses grands-parents. Cela ouvre en moi des sentiments nouveaux que je souhaite explorer, avec le même mélange de tragique et d’humour.

Propos recueillis par Anaïs Heluin

A propos de l'événement

Le Massacre du printemps d’ Elsa Granat
du Vendredi 5 juillet 2019 au Mercredi 24 juillet 2019
Avignon Off. Théâtre du Train Bleu
40 rue Paul Saïn

les jours pairs à 11h50. Tel : 04 90 82 39 06. www.theatredutrainbleu.fr


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