Théâtre - Gros Plan

Le Canard sauvage : Nommer le désespoir

Crédit photo : DR Légende photo : « Yves Beaunesne met en scène Le Canard sauvage »

Artiste associé à L’Apostrophe de Cergy-Pontoise, Yves Beaunesne présente Le Canard sauvage de Henrik Ibsen. Un drame social et familial que le metteur en scène souhaite porter au-delà de son image de noirceur absolue.

La Princesse Maleine de Maurice Maeterlinck en 2002, Edgar et sa bonne et Le Dossier de Rosafol d’Eugène Labiche en 2003, Oncle Vania d’Anton Tchekhov en 2004, Dommage qu’elle soit une putain de John Ford en 2006… La fidélité qui lie la Scène nationale de Cergy-Pontoise à Yves Beaunesne est ancienne. Soutenant le travail du metteur en scène depuis de nombreuses années, Jean-Joël Le Chapelain, directeur de L’Apostrophe, a proposé au metteur en scène belge de l’associer à son théâtre pour trois saisons, à partir de 2007. Ainsi, après L’Echange de Paul Claudel en avril 2008, Le Canard sauvage est le deuxième spectacle qu’Yves Beaunesne présente au public cergy-pontain en tant qu’artiste associé. Un deuxième spectacle obscur, tragique, mais duquel le metteur en scène souhaite extirper des rayons de clarté, une part de légèreté. « Le théâtre d’Ibsen est un théâtre qui m’a toujours attiré, révèle-t-il, mais il a fallu que je trouve une chemin qui puisse me mener jusqu’à lui, un chemin qui me permette de surmonter sa réputation de noirceur absolue. »
 
Une réflexion sur les notions de vérité et de mensonge
 
Dans Le Canard sauvage, le dramaturge norvégien interroge les notions de mensonge et de vérité à travers le destin d’une famille chargée de secrets, à travers les mondes imaginaires dans lesquels ses membres se sont réfugiés. « Ibsen se bat contre le mouvement forcené qui ruine les âmes naufragées, précise Yves Beaunesne. Il veut donner des mots aux tourmentés, faire parler les “sans-langue”. » Des “sans-langue” et des tourmentés qui portent parfois en eux une idée de rédemption. « Edvig et sa mère, Gina, distillent une forme de liberté, de légèreté, de singularité, poursuit le metteur en scène. C’est sur ces personnages que je me suis centré pour échapper au profond pessimisme souvent associé à cette pièce. Comme le disait Samuel Beckett, nommer le désespoir, c’est déjà l’objectiver, c’est le repousser de quelques millimètres et ainsi se rapprocher de quelques millimètres du bonheur. Je crois que, au-delà de sa gratuité fondamentale, le théâtre peut avoir pour fonction de rétablir l’homme dans sa dimension d’être complet, de l’aider à prendre conscience des choses qui le freinent pour qu’il puisse, par la suite, se soustraire à leur influence.
 
Manuel Piolat Soleymat


Le Canard sauvage, de Henrik Ibsen ; mise en scène d’Yves Beaunesne. Le 13 novembre 2008, à 19h30 ; le 14 novembre, à 20h30. L’Apostrophe – Théâtre des Louvrais, place de la Paix, 95300 Pontoise. Réservations au 01 34 20 14 14. Reprise les 19 et 20 novembre 2008 à La Scène Watteau de Nogent, 1 place du Théâtre. Rens 0148729494.

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