Les Vagabonds adapte le chef d’œuvre de Boulgakov « Le Maître et Marguerite » grâce à un théâtre du chaos et du merveilleux
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Créée pour la première fois le 4 novembre 2024, l’adaptation de Paul Pascot du roman de son frère La prochaine fois que tu mordras la poussière se concentre sur la relation contrariée entre le fils et son père. Une pièce poignante, portée par Roméo Mariani et Yann Pradal, à voir absolument !
En 2023, est sorti le roman phénomène de Panayotis Pascot qui aborde trois thématiques centrales de sa vie : sa dépression, l’acceptation de son homosexualité et son rapport au père. C’est ce dernier thème qui est mis à l’honneur dans l’adaptation théâtrale de Paul Pascot, frère de l’auteur, au travers de 30 tableaux intimes. « Je crois qu’il va bientôt mourir. Il me l’a dit douze fois ». Cette phrase simple, qui rappelle les célèbres premières lignes d’Albert Camus, ouvre le récit. Confronté à la mort prochaine de son père, le fils, initialement interprété par l’excellent Vassili Schneider dans la mise en scène que nous avons vue, rôle repris au Théâtre des Halles par Roméo Mariani, veut décortiquer les évènements, les mots, les non-dits qui ont nourri la relation complexe et silencieuse qu’il entretenait avec son père « pour le tuer avant qu’il ne meure ». Le narrateur se tient au milieu d’une salle d’attente d’hôpital qui évolue au fur et à mesure des souvenirs qui défilent. En miroir, face à lui, le père, assis dans le public, qui le regarde et l’écoute, intervient parfois, incarné avec une grande justesse par Yann Pradal qui souligne les paradoxes de cet homme taiseux.
Un Fils et un Père
Cette configuration audacieuse – sublimée par la lumière de Dominique Borrini et la musique de Léo Nivot – laisse toute la place au père et au fils « pour se parler – une dernière fois ». « Dans cette adaptation, il ne sera plus question de Panayotis et de notre père. Mais d’un Fils et d’un Père », énonce Paul Pascot dans la préface. C’est sans doute ce qui touche autant – la dimension universelle des derniers mots d’un fils à son père, l’un ayant attendu toute sa vie, un mot, un geste tendre, l’autre muré dans le silence ; la confrontation finale durant laquelle se déroule la rétrospective des rapports passés et des rancœurs enfouies. Les tableaux s’enchaînent et nous livrent des parcelles de cette filiation contrariée où finalement, derrière l’incompréhension et la distance, se décèle un amour omniprésent. Le tableau final touche en plein cœur.
Hanna Abitbol
à 19h. Relâche les 8, 15 et 22 juillet. Tél. : 04 32 76 24 51. Spectacle vu au Théâtre du Petit Saint-Martin. Durée : 1h30.
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