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Danse - Gros Plan

« La fin des temps », Philippe Decouflé trouve dans l’univers dystopique de Murakami une matière idéale

« La fin des temps », Philippe Decouflé trouve dans l’univers dystopique de Murakami une matière idéale - Critique sortie Danse Paris Le Théâtre du Châtelet
Crédit : Romain Bassenne La Fin des Temps de Philippe Decouflé au Théâtre du Châtelet

Théâtre du Châtelet / Chor. Philippe Decouflé

Publié le 24 septembre 2026 - N° 347

Fidèle à sa fascination pour les réalités instables, Decouflé trouve dans l’univers dystopique de Murakami une matière idéale. Le mouvement y accompagne ce qui échappe aux certitudes, entre apparitions, disparitions et glissements de perception.

La Fin des Temps est d’abord un roman de Haruki Murakami publié en 1985 dont, le titre original est littéralement La Fin du Monde et un Pays des merveilles sans merci. Ce roman se distingue par sa structure narrative unique et son mélange des genres. Voilà qui convient à la perfection à Philippe Decouflé, chorégraphe, scénographe, illusionniste en chef, inventeur de mondes parallèles. Depuis ses premières créations, qui datent de la même époque que ce roman, Philippe Decouflé construit des univers où se croisent danse, théâtre, illusion visuelle et fantaisie populaire. Son goût du métissage trouve ici un terrain d’élection. Invité par la productrice japonaise Miyako Kanamori, pour laquelle il a déjà créé deux comédies musicales au Japon, il signe la première adaptation scénique du célèbre roman de Haruki Murakami. Un projet ambitieux tant l’œuvre, foisonnante, labyrinthique et profondément intérieure, semble résister à toute transposition.

Un spectacle d’envergure

L’action se déploie dans deux mondes parallèles. D’un côté, une cité étrange où les habitants vivent séparés de leur ombre et de leurs émotions. De l’autre, un Tokyo futuriste, souterrain et inquiétant, peuplé de figures énigmatiques. Entre ces deux espaces circule un homme confronté à la perte, au souvenir d’un amour éteint, et à la perspective d’une disparition de soi. Sous le regard bienveillant de l’écrivain japonais, il imagine un spectacle total mêlant danse, théâtre, musique et images, où les références à la comédie musicale dialoguent avec certaines conventions du Kabuki. Sur scène, neuf acteurs et dix danseurs évoluent dans un espace mouvant, traversé d’apparitions, de métamorphoses et de glissements incessants entre réalité et imaginaire. L’une des trouvailles les plus fécondes de l’adaptation consiste à fragmenter le personnage principal en plusieurs incarnations. Le « je », le « moi » et l’ombre deviennent autant de projections d’une identité éclatée. La danse devient alors un langage privilégié pour traduire l’instabilité du rêve, la fragmentation du souvenir et la porosité entre les mondes.

Agnès Izrine

A propos de l'événement

La fin des temps
du vendredi 16 octobre 2026 au mercredi 21 octobre 2026
Le Théâtre du Châtelet
1 place du Châtelet, 75001 Paris

Vendredi 16, mardi 20, mercredi 21 à 19h30, samedi 17, dimanche 18 à 15h et à 20h.

Tél. : 01 40 28 28 40. Durée : 2h45.

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