« Born to be a live » 2026, entre artistes confirmés et talents émergents
Pour sa 11ème édition, le festival Born to be [...]
Fidèle à sa fascination pour les réalités instables, Decouflé trouve dans l’univers dystopique de Murakami une matière idéale. Le mouvement y accompagne ce qui échappe aux certitudes, entre apparitions, disparitions et glissements de perception.
La Fin des Temps est d’abord un roman de Haruki Murakami publié en 1985 dont, le titre original est littéralement La Fin du Monde et un Pays des merveilles sans merci. Ce roman se distingue par sa structure narrative unique et son mélange des genres. Voilà qui convient à la perfection à Philippe Decouflé, chorégraphe, scénographe, illusionniste en chef, inventeur de mondes parallèles. Depuis ses premières créations, qui datent de la même époque que ce roman, Philippe Decouflé construit des univers où se croisent danse, théâtre, illusion visuelle et fantaisie populaire. Son goût du métissage trouve ici un terrain d’élection. Invité par la productrice japonaise Miyako Kanamori, pour laquelle il a déjà créé deux comédies musicales au Japon, il signe la première adaptation scénique du célèbre roman de Haruki Murakami. Un projet ambitieux tant l’œuvre, foisonnante, labyrinthique et profondément intérieure, semble résister à toute transposition.
Un spectacle d’envergure
L’action se déploie dans deux mondes parallèles. D’un côté, une cité étrange où les habitants vivent séparés de leur ombre et de leurs émotions. De l’autre, un Tokyo futuriste, souterrain et inquiétant, peuplé de figures énigmatiques. Entre ces deux espaces circule un homme confronté à la perte, au souvenir d’un amour éteint, et à la perspective d’une disparition de soi. Sous le regard bienveillant de l’écrivain japonais, il imagine un spectacle total mêlant danse, théâtre, musique et images, où les références à la comédie musicale dialoguent avec certaines conventions du Kabuki. Sur scène, neuf acteurs et dix danseurs évoluent dans un espace mouvant, traversé d’apparitions, de métamorphoses et de glissements incessants entre réalité et imaginaire. L’une des trouvailles les plus fécondes de l’adaptation consiste à fragmenter le personnage principal en plusieurs incarnations. Le « je », le « moi » et l’ombre deviennent autant de projections d’une identité éclatée. La danse devient alors un langage privilégié pour traduire l’instabilité du rêve, la fragmentation du souvenir et la porosité entre les mondes.
Agnès Izrine
Vendredi 16, mardi 20, mercredi 21 à 19h30, samedi 17, dimanche 18 à 15h et à 20h.
Tél. : 01 40 28 28 40. Durée : 2h45.
Pour sa 11ème édition, le festival Born to be [...]