« Les gestes d’après », un seule en scène autour de l’inceste par Coralie Emilion-Languille
Seule en scène autour de l’inceste, Les [...]
La compagnie norvégienne Carte Blanche a invité la chorégraphe grecque Katerina Andreou pour une création originale sous l’influence des marathons de danse.
D’un côté, il y a la compagnie nationale norvégienne de danse contemporaine, qui a la particularité d’être dirigée depuis 2018 par la chorégraphe française Annabelle Bonnéry. Tout son art de directrice artistique lui permet de choisir les chorégraphes internationaux qui viendront créer pour les 14 danseurs et danseuses de la troupe. De nombreuses pépites artistiques sont nées de ces collaborations soigneusement pensées, selon une connaissance fine de la création chorégraphique d’aujourd’hui. De l’autre côté, il y a Katerina Andreou, dont la dernière création pour le Ballet de Lyon, We need silence, a été très remarquée. On a pu admirer sa capacité à transmettre, pour un grand groupe, les principes de sa propre danse, puisqu’elle démultipliait pour l’occasion son solo BSTRD, une des pièces fondatrices de sa démarche. Dans cette variation, le rythme, l’intensité, et la pulsation devenaient les moteurs d’une danse virtuose et fascinante.
L’amour et la mort dans une salle de bal
Pour How Romantic, nul doute que la chorégraphe grecque saura se mettre au service de la compagnie norvégienne, d’ordinaire aussi prompte à se glisser dans les pas de Mette Ingvartsen, Jan Martens, ou Eszter Salamon. Si le titre de cette nouvelle création laisse une certaine part au prisme de l’amour, l’œil de Katerina Andreou va bien au-delà de la notion de couple. Là encore, la démultiplication va agir et emporter le groupe vers une critique féroce qui, sous la musique hypnotique de Cristián Sotomayor, devient l’exercice d’un amour inconsidéré de la danse. « Danser jusqu’à en mourir », apanage du ballet romantique, flirte avec une histoire plus récente, celle des marathons de danse américains pendant la Grande Dépression, machines à danser pour survivre, compétitions de l’extrême, où le couple se supporte, se soutient, s’épuise dans l’enfer du geste. À découvrir alors qu’Annabelle Bonnéry s’apprête à passer le flambeau à la nouvelle directrice Mia Habib, qui ouvrira une nouvelle ère pour la compagnie nationale norvégienne de danse contemporaine Carte Blanche.
Nathalie Yokel
Le 13 juillet à 18h, du 14 au 16 juillet à 11h. Tél. : 04 90 14 14 14. Durée : 1h.
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