La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

SHALL WE DANCE?

Un mécénat sur mesure

Un mécénat sur mesure - Critique sortie Danse
© Michel Labelle Photo Jean-Jacques Goron

Entretien Jean-Jacques Goron

Publié le 26 février 2016

Au fil de trente ans d’expérience et d’expertise, la Fondation BNP Paribas a développé une grande diversité d’actions de mécénat sur mesure, dans les champs de la culture, de la solidarité et de la recherche scientifique. Mécène historique de la danse contemporaine, la Fondation soutient assidûment les artistes et la création. Fort d’un parcours de vingt ans au sein de la Fondation – mené en tandem avec Martine Tridde-Mazloum jusqu’en 2014 -, Jean-Jacques Goron, délégué général de la Fondation, poursuit et développe une politique de mécénat protéiforme, qui s’adapte sans cesse aux changements de notre monde, une politique où les chiffres et les projets sont au service de l’humain. 

Quels sont les champs d’action de la Fondation BNP Paribas ?

Jean-Jacques Goron : Nous exerçons notre mécénat dans trois domaines : la culture, la solidarité, et la recherche. La recherche médicale s’est déplacée vers un programme scientifique de recherche environnementale, initié il y a 5 ans et relié au phénomène du dérèglement climatique. Le domaine de la solidarité se développe autour de trois principaux axes : la lutte contre les exclusions, le champ éducatif et l’engagement des salariés. Et la sphère culturelle conjugue des actions menées depuis 1984 pour la préservation et la valorisation du patrimoine, à travers la restauration d’œuvres dans les musées, et les actions en faveur de la création contemporaine, dans les domaines de la danse contemporaine, des nouveaux arts du cirque et du jazz. La danse a une place historique dans notre action de mécénat. Nous avons été pionniers dans ce domaine : dès 1984, quatorze ans avant la fusion entre la BNP et Paribas, la création danse a été soutenue par la Fondation Paribas, et l’année suivante, la direction de la BNP à Lyon décidait d’accompagner la naissance de la Maison de la Danse.

« L’ADN de la Fondation, c’est le soutien aux créateurs ! »

Qu’est-ce qui caractérise votre action de mécénat culturel ?

J.-J. G. : Ce qui constitue notre singularité, c’est le soutien aux artistes. Nous sommes un coproducteur, nous favorisons la création et la diffusion, nous développons les publics et nous oeuvrons à faire connaître les artistes. Nous privilégions un accompagnement régulier, dans la durée, sans miser sur des coups événementiels. Nous participons à la construction des parcours des artistes, en sachant que ces parcours peuvent connaître des moments de fragilité. Nous mettons en œuvre des conventions de trois ans renouvelables, et je n’ai pas à l’esprit d’exemple de soutien qui n’aurait duré que trois ans. Certains comme Aurélien Bory ou Angelin Preljocaj ont été soutenus plus de dix ans. Nous soutenons aussi des institutions, dédiées à la création et la diffusion des œuvres,  telles la Maison de la Danse de Lyon, avec laquelle nous sommes heureux de célébrer cette année trente ans de partenariat, le Centre National de la Danse, le Festival Montpellier Danse, ou la Biennale Internationale des Arts du Cirque (PACA-Marseille). Ces partenariats nous permettent de développer un ancrage territorial et régional fécond. Et dans un esprit de synergie, nous élargissons et croisons les publics – salariés, actionnaires, associations, clients…  -, avec aussi des initiatives spécifiques telles que les avant-premières à l’Opéra à dix euros pour les moins de 28 ans, un succès immédiat. D’une manière générale, l’ADN de la Fondation, c’est le soutien aux créateurs !

Comment se décide et se concrétise l’accompagnement ?

J.-J. G. : Nous sommes toujours curieux, en éveil, et nous nous fions à un réseau informel d’alerte – amis, journalistes, directeurs de salles… – selon un processus empirique et affinitaire. Nous n’avons jamais fait appel à des comités de sélection spécialisés. Nous parions sur des artistes, en assumant le risque de la création, en explorant avec eux une forme de partage et de fructueux échanges. Nous accompagnons toujours des artistes qui ont atteint une certaine maturité artistique. En trente ans, nous avons acquis une expérience solide. Notre mécénat est souple et flexible. Au-delà du soutien financier, nous proposons un conseil, organisons des mises en relation, et nous nous ajustons à des besoins spécifiques (Aurélien Bory à la BAM à New York, ça ne se refuse pas !). Pour la création de Numéridanse, vidéothèque internationale de danse en ligne, nous avons conjugué mécénat financier et de compétence en mobilisant certains de nos experts numériques. Nous avons aussi organisé des entretiens blancs qui ont porté leurs fruits, pour des artistes postulant à la direction de Centres Chorégraphiques Nationaux – Hervé Robbe, Mourad Merzouki, Yoann Bourgeois. Les artistes, nous les avons fait grandir et ils nous ont fait grandir.

Quelles sont les passerelles entre les différents champs d’action ?

J.-J. G. : Plusieurs programmes croisent les champs sociaux et culturels, dont “Dream Up“, un ambitieux projet d’éducation par la pratique artistique. Expérimenté pendant trois ans à travers huit projets pilotes en Europe et en Asie, il s’est considérablement développé : aujourd’hui, le programme englobe une trentaine de projets sur les cinq continents. De nombreuses associations ont été mobilisées autour du monde. Abou Lagraa, qui y a participé et a proposé une formidable restitution de son travail auprès des jeunes, est notre ambassadeur pour ce programme. Dans le champ social, nous poursuivons nos actions en faveur des quartiers populaires dont beaucoup passent par la découverte de diverses formes d’expressions artistiques, dont la danse. Et nous nous attachons à monter des projets sur mesure pour les bénéficiaires d’associations que nous soutenons, à l’exemple des concerts de jazz organisés avec le Samusocial de Paris. Notre mécénat valorise et nourrit l’image de l’entreprise, qui compte plus de 180 000 personnes dans le monde, il élargit l’horizon de chacun et sert l’intérêt général.

 

Propos recueillis par Agnès Santi

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