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La danse est un vecteur formidable

La danse est un vecteur formidable - Critique sortie Danse
Crédit : Agnès Mellon / Grand Théâtre de Provence Légende : Abou et Nawal Lagraa en répétition d’ « El Djoudjour ».

Entretien / Abou Lagraa

Publié le 26 février 2016

Abou Lagraa arrive au terme d’un soutien de dix ans avec la Fondation BNP Paribas. Il poursuit autrement le compagnonnage et vient d’être nommé ambassadeur du programme d’éducation par la pratique artistique “Dream Up“.

Qu’est-ce que vous a apporté le soutien de la Fondation BNP Paribas ?

Abou Lagraa : Ce soutien de l’un des acteurs majeurs du mécénat parmi les Fondations d’Europe permet de trouver un nouveau public, de rencontrer des gens différents, de leur expliquer ce qu’on fait. Bien sûr, c’est une aide à la création, qui m’a permis de garder mes équipes pendant dix ans, mais ce qui compte aussi c’est tout ce qu’il y a autour. Grâce à la Fondation, j’ai pu apporter la danse à des adolescents issus de milieux défavorisés à Hong Kong, et monter un projet avec l’Algérie. Ils m’ont donné beaucoup de conseils de gestion, de stratégie. Et au moment où ça allait le plus mal, ils m’ont financièrement aidé pour que je puisse m’implanter dans les locaux de la Chapelle Sainte-Marie à Annonay, et y organiser des résidences d’artistes.

Après vous avoir soutenu pendant dix ans, la Fondation vous a nommé ambassadeur de “Dream Up“. De quoi s’agit-il ?

Abou Lagraa : C’est une belle récompense finale. Je suis très heureux de cette nomination. Il s’agit de soutenir l’éducation à travers la pratique artistique de plus de 30 000 enfants et adolescents dans 26 pays. En 2016, je vais me concentrer sur un quartier de Casablanca puis un projet au Luxembourg auprès de jeunes réfugiés. Ensuite, d’autres projets sont à l’étude pour 2017 et 2018 en Europe, Amérique et Asie. C’est un beau projet. La Fondation donne plus de 1.500.000 € sur trois ans pour aider ces enfants. Cela me conforte dans mon métier de savoir que la danse peut vraiment servir à quelque chose, et ce projet prouve que la présence des corps est nécessaire au développement des personnalités. Je trouve l’action de la Fondation BNP Paribas très intelligente, car la danse est un vecteur formidable. N’importe qui peut utiliser son corps, il n’est pas nécessaire d’être professionnel pour savoir se mouvoir.

« N’importe qui peut utiliser son corps. »

Vous allez également publier avec Philippe Verrièle un livre en juin prochain…

Abou Lagraa : J’avais vu le premier livre que Philippe Verrièle avait écrit sur Yvann Alexandre, intitulé Seul en scène ensemble aux éditions Riveneuve, et je l’avais trouvé très intéressant. J’aimais le parti pris esthétique qui intégrait plasticiens et journalistes. J’ai proposé à Philippe Verrièle de reprendre le même principe, en l’axant sur la place du corps et de la sensualité dans la culture arabo-musulmane. La Fondation BNP Paribas nous accompagne en achetant quatre cents livres.

 

Propos recueillis par Agnès Izrine

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