La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

La musique contemporaine dans tous ses états

Philip Glass, un répétitif lyrique

Philip Glass, un répétitif lyrique - Critique sortie
© Lucie Jansch

Publié le 15 novembre 2013

Il est l’un des pères du courant de la musique répétitive qu’il invente dans les années 1960 aux côtés de Steve Reich et Terry Riley. Avec Einstein on the Beach en 1976, il a aussi révolutionné l’opéra.

Comme nombre de compositeurs des Etats-Unis – d’Aaron Copland à Elliott Carter, en passant par Leonard Bernstein ou Quincy Jones –, Philip Glass (né en 1937) a été l’élève de Nadia Boulanger au Conservatoire américain de Fontainebleau. Il fut aussi celui de Darius Milhaud au Mills College d’Oakland, après avoir fréquenté la Juilliard School – où il rencontra Steve Reich, de quelques mois son aîné. Le compositeur reconnaît volontiers l’influence qu’ont eu sur lui la musique et, plus généralement, la culture française  ; celle-ci culmine dans sa trilogie d’opéras inspirés de Cocteau, composés entre 1993 et 1996 (Orphée, La Belle et la bête, Les Enfants terribles). Philip Glass est avant tout, comme il le revendique lui-même, un «  compositeur de théâtre  ». Mais il n’y a parvient qu’après avoir clairement posé les bases de son langage musical, que l’on qualifie dès lors de minimaliste et dont Music in twelve parts (1974) constitue le manifeste.

Une dimension du temps inouïe

Cette musique nourrie d’influences diverses – dont la principale est la musique indienne découverte auprès de Ravi Shankar – se transporte pour la première sur une scène de théâtre en un coup d’éclat retentissant : Einstein on the Beach, avec le metteur en scène Robert Wilson, créé au Festival d’Avignon en 1976. L’oeuvre instille dans l’art lyrique occidental une dimension du temps jusque là inconnue et fait s’envoler les habituels schémas de narration. Le Festival d’automne qui avait accueilli les représentations parisiennes de l’oeuvre en 1976 puis en 1992, la reprogramme en janvier prochain, au Théâtre du Châtelet. Avec Einstein on the Beach, les opéras Satyagraha et Akhnaten forment une trilogie qui consacre Philip Glass comme un compositeur lyrique majeur. Ses ouvrages scéniques plus récents sont revenus à davantage de narration, sans toutefois négliger l’invention formelle, comme par exemple dans l’opéra de chambre Hydrogen Jukebox, parcours halluciné dans l’Amérique intime des poèmes d’Allen Ginsberg. Le compositeur avait à ses débuts fondé son propre ensemble pour jouer sa musique qu’aucun orchestre ne voulait défendre. Il est à ce jour l’auteur de dix symphonies, créées pour la plupart par le chef Dennis Russell-Davies, (la dernière en date, en 2012, était une commande de l’Orchestre français des jeunes).

 

Jean-Guillaume Lebrun

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