La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

La musique contemporaine dans tous ses états

Maurizio Pollini, le piano contemporain

Maurizio Pollini, le piano contemporain - Critique sortie
Crédit : Cosimo Filippini / DG

Publié le 15 novembre 2013

Tout en poursuivant son exploration du grand répertoire pianistique, le musicien italien n’a de cesse de défendre la musique atonale.

Avec un père appartenant au courant de l’architecture rationaliste, et un oncle sculpteur versant dans l’abstraction, il n’est pas étonnant que le pianiste Maurizio Pollini soit devenu un fervent défenseur de l’avant-garde musicale. Une vocation qui s’est exprimée de manière très précoce : en 1958, à l’âge de 16 ans, il créé à la Scala de Milan Fantasia pour piano et orchestre à cordes de Giorgio Federico Ghedini. Chez Pollini, l’engagement musical se combine à l’engagement politique. Avec le compositeur Luigi Nono et le chef d’orchestre Claudio Abbado, il partage la même idéologie communiste, notamment en réaction à la guerre du Vietnam. Il crée ainsi, du premier, Como una ola de fuerza y luz et …Sofferte onde serene  pour piano et bande, dont il est le dédicataire. A son répertoire figurent également des oeuvres de Manzoni, Schoenberg, Sciarrino, Webern, Boulez, Stockhausen, qu’il ne cesse de défendre.

Intelligence lumineuse du texte

« Une forte majorité des mélomanes n’admet pas le grand bouleversement du XXème siècle qui a consisté à inventer un nouveau langage : la musique dite  » atonale « , qui est pour moi comme une démocratisation des sons. Les compositeurs de l’après-guerre ont senti la nécessité d’aller dans cette direction, afin d’écrire une musique nouvelle, à l’expression inouïe. Si je la joue, ce n’est pas seulement parce que je la trouve passionnante intellectuellement, mais aussi parce que je la trouve belle », confiait-il en 2009 dans une interview à L’Express. Dans le but de démocratiser ce répertoire souvent délaissé par les interprètes, il imagine le « Progetto Pollini », une série de programmes qui confronte le grand répertoire pour piano aux œuvres  du XXème siècle. Un concept qu’il exporte aux quatre coins du globe, de Rome à Tokyo, jusqu’à la Salle Pleyel avec la série des « Pollini Perspectives ». Depuis quatre ans, il revisite les pages de Bach, Mozart, Chopin ou Beethoven à la lumière de Boulez – dont il a enregistré la redoutable Sonate n°2 – Lachenmann, Berio… Avec toujours la même intelligence lumineuse du texte.

 

Antoine Pecqueur

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