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La force de la sincérité et de la fidélité

La force de la sincérité et de la fidélité - Critique sortie Danse
Crédit photo : Luc Lessertisseur Légende : Thomas Lebrun dirige le CCN de Tours depuis 2012.

Entretien / Thomas Lebrun

La subjectivation du danseur contemporain

Publié le 28 février 2017

Chorégraphe et directeur du CCN de Tours, Thomas Lebrun est aussi un ancien interprète de Bernard Glandier ou de Daniel Larrieu. Il évoque la sincérité nécessaire au travail du danseur contemporain.

En tant que danseur, est-ce que le travail de création a été une découverte de vous-même ?

Thomas Lebrun : Oui, surtout au début. J’ai commencé à travailler en tant qu’interprète pour Bernard Glandier, dans un contexte assez particulier parce qu’il avait la maladie de Charcot. Il savait déjà qu’il était malade quand je suis arrivé, pour le remplacer dans une pièce qui était en cours de création. En tant qu’interprète et en tant que personne, cette situation m’a appris l’honnêteté, et beaucoup d’autres choses. C’était quelqu’un qui avait un rapport assez intime avec ses danseurs. Il travaillait sur eux, pour eux, et nous on travaillait avec lui.

Votre passé d’interprète a-t-il nourri votre travail chorégraphique ?

T. L. : Je crois que tous les chorégraphes avec qui j’ai travaillé ont façonné mon travail d’aujourd’hui, que ce soit Daniel Larrieu, Christine Bastin… Ce sont des gens qui ont un langage très fort. Ensuite, quand je suis devenu moi-même chorégraphe, j’ai mis du temps à dépasser ça, à trouver ma propre écriture, ce que j’avais envie de dire et comment. Il y a un temps de digestion assez long.

« Le respect de la qualité de l’autre, de ses richesses et de ses failles, c’est ce qui fait grandir un projet. »

Qu’est-ce qui est le plus important pour vous lorsque vous choisissez vos danseurs ?

T. L. : La sincérité au plateau. Il faut aussi qu’ils soient engagés dans ce que je peux leur proposer. Il ne faut pas que ce soit juste un travail, mais un échange continuel qui fait qu’on peut aller plus loin. Il y a aujourd’hui des danseurs avec qui je travaille depuis plus de quinze ans. Depuis 2008, je travaille avec un même noyau de personnes fidèles et nous avons une envie réciproque de continuer ensemble. Il y a une force qui vient du fait que les danseurs me connaissent, ont suivi mon évolution.

Est-ce que les danseurs contemporains ont beaucoup évolué ces dernières années, selon vous ?

T. L. : A un moment, j’ai trouvé que les jeunes avaient un éventail très large de possibilités, qu’ils entraient très rapidement dans les choses. Mais ce n’est pas pour ça qu’on va en profondeur et qu’on est juste. Techniquement, il y a un niveau assez haut, mais ce n’est pas ça la danse. Pour moi, il faut aussi qu’il y ait une entente entre les danseurs. Le respect de la qualité de l’autre, de ses richesses et de ses failles, c’est ce qui fait grandir un projet.

 

Propos recueillis par Laura Cappelle

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