La Terrasse

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Compositeurs en résidence : un bon moyen d’exister

Compositeurs en résidence : un bon moyen d’exister - Critique sortie
Légende : Brice Pauset, compositeur en résidence à l'Opéra de Dijon © C. Daguet / éditions Henry Lemoine

Publié le 17 novembre 2013

Orchestres symphoniques ou ensembles spécialisés, conservatoires, festivals, scènes nationales. De nombreuses institutions culturelles accueillent aujourd’hui des compositeurs sur une longue durée.

«  Il faut montrer qu’un compositeur existe  ». C’est ainsi que Bruno Mantovani justifiait les résidences de compositeurs, alors que l’accueillait l’Orchestre national de Lille entre 2008 et 2010. Le compositeur, en effet, reste souvent invisible pour le public  : l’écriture est un acte essentiellement solitaire, qui ne s’ouvre véritablement au monde qu’au moment de la création de l’œuvre – et encore cela ne se peut-il que par l’intervention de l’interprète. C’est peut-être là le premier rôle d’une résidence, au-delà de l’accompagnement matériel qu’elle peut offrir au compositeur  : montrer ce qui se passe lorsque la musique est en chantier. Faire appel à un compositeur, l’inviter à intervenir (pour présenter ses œuvres, mais aussi pour livrer son regard de professionnel sur la programmation, participer à des actions pédagogiques…),  c’est une façon d’incarner la création musicale, et ainsi d’établir un lien avec le public. C’est aussi souvent l’occasion pour l’institution de rayonner sur son environnement régional. Il n’est guère étonnant que les festivals se montrent intéressés par cette formule, les interventions du compositeur pouvant servir de fil rouge sur toute la durée de l’événement. À Besançon ont ainsi été accueillis Philippe Fénelon, Bruno Mantovani, Édith Canat de Chizy, Michael Jarrel et Misato Mochizuki, qui a composé l’œuvre jouée en finale du concours de direction d’orchestre  ; Guillaume Connesson leur succédera en 2014 et 2015.

Création et croisement des arts

À Orléans, la Scène nationale a généralisé le principe des artistes associés  : au même titre que des chorégraphes, metteurs en scène et leurs compagnies, un compositeur, Jérôme Combier, fondateur de l’ensemble Cairn, y trouve le cadre pour présenter ses propositions artistiques au public, dans la confiance que permet une longue relation. Dans ce lieu où le croisement des arts n’est pas un vain mot, la création musicale retrouve toute sa place. Ces résidences auprès de structures polyvalentes donnent assurément un avantage aux compositeurs qui recherchent des convergences avec les autres disciplines – comme le fait Franck Krawczyk au Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines, convoquant la danse ou le cinéma – ou qui sont en mesure de dialoguer avec d’autres répertoires – comme le fait à l’Opéra de Dijon le compositeur et claveciniste Brice Pauset, associé à la production du Ring mise en scène par Laurent Joyeux. Dans ces lieux, assurément, le compositeur existe.

 

Jean-Guillaume Lebrun

 

Quelques résidences en 2014

Orchestres  : Jean-Louis Agobet à Metz, Kaija Saariaho à Lyon et Strasbourg, Johannes Schöllhorn à Mulhouse

Scènes nationales  : Thierry Balasse à La Barbacane (Beynes), Jacopo Baboni-Schilingi au MA (Montbéliard), Samuel Sighicelli au Théâtre de la Renaissance (Oullins), Frédéric Verrières au Théâtre de Cornouaille (Quimper), Benjamin Dupé au Phénix (Valenciennes)

A propos de l'événement



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