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« Les possibilités du quatuor sont infinies »

« Les possibilités du quatuor sont infinies » - Critique sortie
Légende : Le Quatuor Diotima, épaulé dès ses débuts par ProQuartet, est l'une des formations phares d'aujourd'hui. Son répertoire s'étend de Haydn à une intense activité de création. © Molina Visuals

Fondateur de ProQuartet, Georges Zeisel a transformé le paysage musical français en redonnant toute sa place au quatuor à cordes. Dès l’origine, il a mis la création au cœur de ses préoccupations.

« La création d’oeuvres contemporaines a été importante pour la réhabilitation du quatuor. »

Quel est le rôle de ProQuartet ?

Georges Zeisel : Quand j’ai créé l’association en 1987, le quatuor à cordes était en France un genre peu fréquenté, tant en termes d’interprètes que de public. J’ai alors voulu faire mieux connaître les compositeurs et permettre la diffusion des œuvres, en invitant notamment les maîtres du genre. Dès le début, la création a été au cœur de mes préoccupations : la création d’oeuvres contemporaines a été importante pour la réhabilitation du quatuor comme un genre d’aujourd’hui.

Les compositeurs ont-ils immédiatement répondu présent ?

G. Z. : Oui. Très rapidement, nous avons suscité un nouveau répertoire avec des commandes passées à Philippe Hersant, Betsy Jolas, Gilbert Amy, Philippe Fénelon. Pascal Dusapin a écrit à notre demande deux quatuors magnifiques, aujourd’hui joués dans le monde entier : Time Zones et son quatrième quatuor. Il n’y a pas de compositeur qui ne soit aujourd’hui intéressé par le quatuor.

Comment expliquer cet engouement ?

G. Z. : Parce que le quatuor est un genre vivant, parce qu’aussi il laisse le compositeur plus libre. Il offre l’essentiel : les quatre voix de l’harmonie et l’homogénéité du son. Et vous pouvez agir dessus comme vous l’entendez. Écoutez les œuvres du xxe siècle : Schoenberg, Webern, Bartók, Lachenmann, Ainsi la nuit de Dutilleux… – les possibilités sont infinies ! Un compositeur comme Philippe Schoeller trouve aujourd’hui dans le quatuor à cordes une richesse de timbres inépuisable. On a incité les interprètes à proposer de nouvelles musiques au public. Bien sûr, pour être un musicien accompli, il faut connaître le répertoire classique et romantique, mais quand on est habitué à la musique d’aujourd’hui, on interprète avec plus de nouveauté ces œuvres du répertoire. C’est ce que fait le Quatuor Diotima, par exemple, quand il met en perspective le Livre pour quatuor de Boulez avec Schoenberg et les derniers quatuors de Beethoven.

 

Propos recueillis par Jean-Guillaume Lebrun

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