« La vitesse de l’eau » : Fabrice Lambert noie les corps dans un tourbillon de danse
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Cirque-danse-critique Avignon 2026
Les deux Hongrois du collectif Ylzé proposent un voyage qui met à l’épreuve le corps acrobatique et aérien, à la recherche de la beauté formelle.
Same, pour la façon dont les deux artistes confondent leurs corporéités. Same, pour les jeux de gémellité qui surgissent au fil du spectacle. Same, pour les corps-à-corps en miroir qui dessinent des images fortes. Mais pour autant, tout le duo n’est pas fondé sur ce principe qui donne le titre au spectacle. On les découvre d’abord, grâce à un jeu de lumière extrêmement précis qui ordonne des apparitions et disparitions éclair, les corps suspendus et tête baissées, bien arrimés à ce qui constitue leur agrès principal : la sangle aérienne. Dès lors, on comprend que la virtuosité sera au rendez-vous et que la maîtrise du corps n’est pas un vain mot. Chutes en rotation, élévation en enroulement des lanières autour des bras, envols circulaires… Les séquences alternent entre solos et duos au risque de flirter avec le numéro, mais parviennent à balayer un répertoire de figures acrobatiques et de gestes inventés suffisamment large pour émerveiller et se renouveler à chaque changement de scène.
Variations autour de la gravité et de la suspension
Parfois, un corps inerte à terre tranche avec la dimension aérienne de l’ensemble. Un très beau duo dansé peut alors en émerger, cultivant d’abord le mystère dans un épais nuage de fumée. Le corps-à-corps prend vie dans des exercices de contrepoids et d’équilibres qui combinent les jeux de force avec de la grande douceur. Le moment de grâce laisse place à un ballet de lumières façon laser qui balaye l’espace : un concentré d’effets qui, comme le chant, peut malheureusement nuire à la finesse de la proposition. Plus tard, un trapèze fixe vient proposer d’autres échappées aux deux protagonistes, dans de souples solos ou dans des emboîtements de corps où l’Autre devient support à la suspension, jusque dans le creux d’une articulation. Une beauté formelle virtuose qui prend tout de même le risque de paraître datée dans le contexte du cirque contemporain actuel, mais qui n’empêche en aucun cas l’émerveillement.
Nathalie Yokel
Spectacle vu à Présence Pasteur.
à 13h05, relâche le lundi et le jeudi. Tél. : 04 32 74 18 54. Durée : 1h.
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