Le Châtelet fait son jazz, deuxième édition
Après une première édition l’an passé, le [...]
Frédéric Maurin invite le saxophoniste et compositeur Steve Lehman pour ce projet de l’Orchestre national de jazz augmenté par les ressources de l’informatique musicale.
Sur scène – ou dans l’oreille, à l’écoute – musiciens (une petite vingtaine) et instruments sont en place : présence charnelle, familière et rassurante, promesse de rythmes, de couleurs, de sonorités en fusion. D’emblée pourtant s’installe un étrange sentiment : l’orchestre semble agrandi de sa propre ombre sonore ; une ombre réfléchie qui aurait sa vie propre – tels ces doubles, ces « Doppelgänger » des contes d’Hoffmann ou de Grimm. Derrière ce jeu d’illusions se devine le travail des deux compositeurs, Frédéric Maurin et Steve Lehman, auprès de Jérôme Nika et Dionysios Papanicolaou dans les studios de l’Ircam. L’institut de la place Stravinsky accompagne depuis longtemps ce rêve, porté par le monde de la « musique contemporaine », d’une informatique musicale qui écoute et agit dans l’instant. La musique d’Ex Machina accède à une certaine dimension d’envoûtement. Difficile de dire avec certitude qui agit – l’orchestre ou son double ? – quand les instruments eux-mêmes sèment le trouble : glissandos, micro-intervalles, rythmes multiples ou brisés, timbres se fondant les uns aux autres. On joue ici beaucoup avec le temps, suspendu à loisir, mais conservant à la musique son indéfectible énergie. Si une ombre plane tout au long du concert, c’est une ombre bien vivante.
Jean-Guillaume Lebrun
à 20h30. Tél : 01 44 62 02 86
Après une première édition l’an passé, le [...]