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La jeune metteuse en scène Noëmie Ksicova adapte au théâtre l’un des chapitres de En cas d’amour, essai de la philosophe et psychanalyste Anne Dufourmantelle. Un récit qui donne corps « aux zones fragiles et contradictoires de l’âme humaine ».
Qu’est-ce qui vous lie à l’écriture d’Anne Dufourmantelle ?
Noëmie Ksicova : J’ai rencontré les livres d’Anne Dufourmantelle il y a quelques années. Depuis, j’ai la sensation de converser avec son œuvre de manière ininterrompue. Elle fait partie des autrices qui m’aident à vivre. Pour moi, se plonger dans son écriture, c’est s’engager sur les terrains difficiles que composent nos humanités. C’est se défaire de ce qu’on croyait comprendre, de ce qu’on croyait connaitre. Et surtout, c’est regarder l’autre comme le centre de l’univers. Quand j’ai découvert le chapitre « L’Amour, l’enfant », dans En cas d’amour, j’ai su immédiatement qu’un jour, j’en ferais un spectacle.
Pourquoi ?
N.K. : Parce que ce texte m’a plongée dans un vertige absolu, m’a confrontée à des questions et des dilemmes sans fin. La nécessité de faire un spectacle naît toujours, chez moi, de questions auxquelles je n’arrive pas à répondre, de questions que je mets en partage dans l’espace collectif du théâtre. Dans En cas d’amour, Anne Dufourmantelle explore les bouleversements, les contradictions et les vertiges auxquels l’amour nous expose. À travers des histoires entendues dans son cabinet de psychanalyste, elle interroge nos désirs, nos peurs, mais aussi tout ce qui, en nous, résiste à l’explication. Elle montre comment l’amour peut faire rejouer quelque chose de très ancien, lié à notre enfance, à notre histoire, à notre lignée familiale. Elle pose, au fond, cette question : sommes-nous vraiment libres en amour, ou cherchons-nous, à notre insu, à retrouver nos fantômes ?
Comment vous emparez-vous, théâtralement, de ce texte ?
N.K. : À la renverse fait dialoguer une psychanalyste et une juge qui regardent une fiction se dérouler. Elles sont confrontées à ce que cette histoire vient déplacer en elles. Ma mise en scène travaille du côté de la sensation, notamment à travers le son et la vidéo. Car le texte d’Anne Dufourmantelle touche à des choses qui relèvent de l’indicible et de l’innommable.
Entretien réalisé par Manuel Piolat Soleymat
Salle de la Cuisine à 20h.
Les Franciscains, 6, Place Saint-François, 06300 Nice.
La Cuisine, 155 Boulevard du Mercantour, 06200 Nice.
Tél : 04 93 13 19 00. www.tnn.fr
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