Reprise du si touchant « Saïgon » signé par Caroline Guiela Nguyen
Saïgon (2017) est resté dans les mémoires de [...]
Focus -346-Le Théâtre National de Nice, repère fort au cœur de la ville
Tommy Milliot poursuit son exploration du théâtre de l’autrice américaine Naomi Wallace en clôturant sa trilogie du Kentucky, initiée par La Brèche (2019) et Qui a besoin du ciel (2024). Dans l’Amérique des années 1970, une bande d’adolescents s’amuse à s’inventer une vie qui n’est pas la leur…
« Pour saisir mon écriture, il est capital de réaliser que l’histoire nous hante de manière très intime, que nous portons en nous l’avant et le maintenant, le nous et le eux, même sans en avoir conscience, observe Naomi Wallace. Tommy Milliot comprend de façon très profonde l’univers linguistique et émotionnel de mes pièces. Il y a, dans ses mises en scène, un soin et une clarté qui accordent autant d’attention au silence et à l’immobilité qu’à l’énergie des mots et des relations. » Depuis la création de La Brèche, en 2019 au Festival d’Avignon, Tommy Milliot (directeur du Nouveau Théâtre de Besançon depuis 2024) et Naomi Wallace ont noué une grande complicité artistique. Une complicité qui a amené l’autrice à écrire Eden, dernier volet de sa trilogie sur le Kentucky, pour le metteur en scène. À la croisée de l’intime, du politique et du poétique, l’écriture de Naomi Wallace rend visible des invisibles en dénonçant les dysfonctionnements des sociétés néolibérales.
Au plus proche de l’écriture de Naomi Wallace
« Eden se passe dans le Kentucky, en 1974, explique Tommy Milliot. Une bande de jeunes amis en quête de sens, rêve d’amour, d’une vie meilleure et goûte à ce que l’on nomme le rêve américain. Pour cela, le groupe s’invente des vies en s’introduisant dans les maisons bourgeoises d’un quartier résidentiel. Encore insouciants, remplis d’espoir. La réalité crue de leur condition viendra les percuter… » Interprétée par Christian Franz, Lilea Le Borgne, Sarah Le Deunff, Colin Mercier et Matteo Renouf, la pièce traduite en français par Dominique Hollier fait résonner les fantômes de l’adolescence de l’autrice américaine. Au sein d’un décor représentant l’intérieur d’une maison déréalisée, le spectacle conçu par Tommy Milliot cherche à se situer au plus proche de l’écriture de Naomi Wallace en donnant corps à « un théâtre concret, physique, un théâtre aux antipodes d’une représentation mentale ». Un théâtre « où la mémoire s’entrelace avec l’imaginaire, où chaque mot vient comme un écho au passé à la fois tendre et douloureux ».
Manuel Piolat Soleymat
Salle de la Cuisine à 20h.
Les Franciscains, 6, Place Saint-François, 06300 Nice.
La Cuisine, 155 Boulevard du Mercantour, 06200 Nice.
Tél : 04 93 13 19 00. www.tnn.fr
Saïgon (2017) est resté dans les mémoires de [...]
Ève Pereur signe sa première mise en scène et [...]
Trois productions made in TNN poursuivent [...]