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Redemption song transforme les relations de la France à l’Afrique francophone en l’histoire d’un couple aux relations toxiques. Un spectacle de Leonora Miano politique et divertissant à la fois.
Quel est ce couple que vous mettez en scène ?
Léonora Miano : Il s’agit de Francis et Farafina. Elle est fortunée et lui vit à ses crochets. Elle a un amant, Yevgeni, mais elle est trop attachée à son mari pour le quitter. Ce sont des personnages bourgeois que l’on voit évoluer durant une petite semaine, des gens très friqués avec des problèmes sentimentaux incroyables. Mes références, c’est Dallas et Dynastie. Je me suis dit qu’on n’avait jamais vu de série comme ça avec des personnages noirs.
Avez-vous aussi écrit leur histoire dans une dimension politique ?
L.M. : Absolument. Francis représente la France et Farafina l’Afrique subsaharienne francophone. J’avais envie d’étudier la relation toxique dysfonctionnelle qui unit la France à ses anciennes colonies de cette manière, de parler de géopolitique à partir des affects. On trouve également dans cette pièce Bruce, le vieil ami américain de Francis, prédateur dans tous les domaines, masculiniste et raciste. Ou encore Yevgeni, l’amant russe de Farafina. Mais on peut regarder ce spectacle comme une simple histoire de couple.
Quels sont ces « affects » qui habitent selon vous la relation entre la France et l’Afrique ?
L.M. : Si l’Afrique francophone est une femme, c’est difficile de se dire qu’elle est tombée amoureuse de son agresseur, et compliqué de le vivre de manière saine. Du côté de la France, ce n’est pas évident non plus de réaliser qu’on ne peut plus se passer d’une femme dont on était venu simplement profiter. Il y a quelque chose de compliqué à admettre de part et d’autre, mais personne ne souhaite la rupture. Ils ont peut-être besoin d’un tiers, d’une énergie médiatrice. Quelle pourrait être cette énergie ? Il y a une amorce de réponse dans la pièce mais je ne vais pas la révéler…
Ce spectacle est aussi votre première mise en scène. Comment l’abordez-vous ?
L.M. : Mon grand truc dans la vie, c’est la musique. Le spectacle aura donc une dimension de cabaret, comprenant trois chanteurs dans le groupe d’interprètes. Il y a des passages qu’on a choisi de chorégraphier, avec des références pop et des esthétiques subsahariennes magnifiées comme elles ne l’ont jamais été en France.
Propos recueillis par Eric Demey
mardi à 19h30, du mercredi au vendredi à 20h30, samedi à 17h, dimanche à 15h30. Tel : 01 44 62 52 52.
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