La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -252-Fondation BNP Paribas

Libérer la créativité

Libérer la créativité - Critique sortie Danse
Crédit : Emanuel Gat Légende : Emanuel Gat

Création et musiques
Entretien Emanuel Gat

Publié le 16 février 2017 - N° 252

Emanuel Gat est un chorégraphe qui a reçu une solide formation musicale lui permettant même de composer les bandes-son de ses spectacles. Nous lui avons demandé quels rapports il développe avec la musique.

Comment utilisez-vous la musique dans vos processus de recherche chorégraphique ?

Emanuel Gat : Je ne peux pas dire que j’ai une façon particulière d’aborder l’aspect musical dans mon travail. Je m’interroge plutôt sur la différence et les interactions possibles entre ce que l’on voit et ce que l’on entend, et sur les perceptions chez le spectateur. À chaque pièce, j’essaie d’approcher la musique sous d’autres angles, en matière de contenu et de diffusion. J’aborde donc les équilibres entre le son et le silence, entre l’utilisation d’une bande-son fixe ou celle créée en direct.

« À chaque pièce, j’essaie d’approcher la musique sous d’autres angles. »

Que vous a apporté la collaboration avec un musicien comme Awir Leon ?

E.G. : Pour SUNNY, le fait d’avoir sur scène pendant les répétitions un musicien live, le DJ Awir Leon, a ouvert un autre type de rapport. C’est une personne qui intervient avec ses instincts, ses impressions, ses idées. De plus, comme il est aussi danseur, le dialogue a été très fluide, très organique.

Vous avez également initié un projet avec l’Ensemble contemporain de Francfort…

E.G. : L’Ensemble contemporain de Francfort et ses quinze musiciens multiplient les échanges. L’expérience avec eux a été formidable. J’ai procédé comme avec mes danseurs, c’est-à-dire en les laissant libres de produire du matériel chorégraphique à l’intérieur d’un cadre défini par mes consignes. Il s’agissait pour ces musiciens de produire une partition selon le même principe, à partir de leurs phrases musicales. Ce qui diffère à chaque fois, c’est la réponse qu’ils m’envoient. Elle m’oblige à me remettre en question, à réajuster mon écriture à leurs propositions.

Comment les musiciens ont-ils réagi ?

E.G. : Nous avons travaillé par petits groupes réunissant des danseurs et des musiciens dans le même espace. Le premier jour, ils pensaient que j’étais fou. Le lendemain, ils ont fini par être très heureux et très impliqués dès qu’ils ont vu que ça leur permettait d’être créatifs, autonomes, tout en restant dans un processus très cohérent. Mais c’était très nouveau pour eux !

 

Propos recueillis par Agnès Izrine

SUNNY,  Sacre / Gold en tournée

Fondation BNP Paribas

fondation.bnpparibas.com

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