La Terrasse

"La culture est une résistance à la distraction" Pasolini

Focus -181-onde

LE CIRQUE A L’ONDE

LE CIRQUE A L’ONDE - Critique sortie Théâtre

Publié le 10 octobre 2010

A TRAVERS CINQ SPECTACLES, LA SAISON DEVOILE LES COULEURS MULTIPLES DU PAYSAGE CIRCASSIEN D’AUJOURD’HUI.

Le cirque décline depuis longtemps ses atours au pluriel et, plus que jamais cette saison à l’Onde, se dévoile en toute diversité. Avec Aurélien Bory, qui signe Sans objet, pour un robot et deux acrobates, il va sonder aux pliures incertaines de l’instinct et de la machine au cœur même de l’humain. En scène donc, une mécanique robotique qui fut parmi les modèles technologiques pointant aux grandes heures des usines automobiles des années 70. Créature ici égarée, privée d’utilité, elle fait face à deux hommes, tantôt dialogue ou esquive, tantôt manipule ou supporte, et toujours catalyse les projections anthropomorphiques pour les déjouer d’un coup abrupt. De surprises en métamorphoses, Sans objet confronte précarité du rêve et logique de la technique en brouillant les imaginaires. Tout aussi sobre, Le Grand C de la Cie XY fait pourtant frissonner la virtuosité acrobatique à fleur de peau. Quelque dix-huit acrobates manient les techniques de portés et de banquine comme vocabulaire de « l’être ensemble », entre conflit et harmonie, solitude et solidarité. Qu’ils aspirent à l’envol, s’élancent, chutent, se fondent en mêlées humaines ou dessinent de savantes arabesques, les corps vibrent à l’unisson, soudés par l’émotion.
Variétés esthétiques
 
Duo joliment rigolo, Iéto assemble deux complices dissonants au jeu de quelques planches et trois bouts de ficelles. T-shirt sombre sur pantalon clair, petit nuage mutin au fond des yeux et brin d’enfance coincé entre les dents, ces deux-là rivalisent d’invention pour construire, échafauder ou jouer avec les contrepoids, les suspensions, les déséquilibres… de l’amitié. Pan pot, du collectif Petit travers, passe au trio : ils sont trois, qui dessinent de quelques habiles tours de jongle les contours de leur monde, trois corps et bientôt un mannequin, qui s’emportent de variations rythmiques en digressions graphiques dans l’élan d’une fugue de Bach, en quête d’un possible ailleurs. Avec Daniele Finzi Pasca, le spectacle se colore de magie. Inspirée de l’univers de Tchékhov : Donka marie la verve rieuse des clowns à l’insolente adresse des acrobates. Enfin, Le chant du dindon revisite le folklore traditionnel et ravaude une histoire de famille. Le dernier opus de Rasposo, troupe qui croise en nombres les disciplines et les générations, renoue avec la liberté nomade et l’esthétique saltimbanque d’antan… Tout en bonne humeur.

Gwénola David


Sans Objet, d’Aurélien Bory, les 9 et
10 décembre 2010 ; Donka, de Daniele Finzi Pasca, les 7 et 8 janvier 2011 ;
Ieto, de Jonathan Guichard
et Fnico Feldmann, le 28 janvier
 ; Le grand C de la compagnie XY les 18 et 19 mars ; Pan Pot, du Collectif Petit Travers, le 10 mai ; Le Chant du dindon, de la compagnie Rasposo, du 3 au 5 juin 2011.

 

Théâtre de l’Onde, 8 bis avenue Louis-Bréguet,
78140 Vélizy-Villacoublay.
Tél. 01 34 58 03 35.


A propos de l'événement


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