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La vie parisienne, un rêve d’Offenbach et de Christian Lacroix

La vie parisienne, un rêve d’Offenbach et de Christian Lacroix - Critique sortie
Finale endiablé de l'acte III de La vie parisienne © Guillaume Benoit – Opéra de Rouen Normandie

CRITIQUE

Publié le 21 novembre 2021 - N° 294

Christian Lacroix fait ses débuts de metteur en scène avec la version originelle intégrale de La Vie parisienne, servie par un spectacle coloré et un joli plateau.  Avant la création du spectacle à Paris, nous avons assisté à la première de cette production historique à l’Opéra de Rouen.

Découvrir la version originelle de La vie parisienne peut déconcerter l’amateur, avec pas moins de seize numéros rares ou inconnus – le quatrième acte baignant dans le halo d’un lendemain de fête bien sûr, mais aussi moult détails comme la rivalité germano-marseillaise dans les couplets du dîner d’hôte. Le spectacle réglé par Christian Lacroix, qui signe sa première mise en scène d’opéra, choisit une cohérence rassurante. Le dispositif unique aux allures de carrousel avec vitraux évoque le Paris des grands magasins et se meuble de toiles et mobiliers, souvent avec des changements à vue, au gré des lieux de l’intrigue, de la gare Saint-Lazare aux salons de Gardefeu, Quimper-Karadec, ou d’un restaurant. Le résultat se révèle très coloré et fantaisiste, sinon excentrique et festif, jusque dans les costumes et les coiffures, sans oublier les chorégraphies réglées par Glyslein Lefever.

Inimitable synthèse entre chant et théâtre

Dans cet équilibre subtil entre parlé et chanté typique de l’opéra-bouffe, et encore accentué par la présence accrue de texte dans cette mouture princeps, on retiendra, pour cette première série de représentations à Rouen, le Gardefeu volubile de Flannan Obé ou encore le Bobinet à la diction ciselée et à l’expression versatile de Marc Mauillon, sans oublier la Baronne pincée de Marion Grange. Dans le registre plus théâtral, Franck Leguérinel incarne un Baron truculent et Ingrid Perruche une impayable Mme de Quimper-Karadec. Mais c’est peut-être la Métella d’Aude Extrémo qui résume le mieux cette inimitable synthèse offenbachienne entre caractère de la déclamation et sensualité du chant.

 

Gilles Charlassier

A propos de l'événement

La vie parisienne

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